je me souviens du 16/07/05

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Jeudi 15 mai 2008
Argentine (13)
Calchi Salta, fin des vallées Calchaquies
- Le Cordero de Dios -

Ce matin, je trie quelques photos, quelques vidéos sur la fin de notre périple dans les vallées calchaquies. Tout au long du chemin notre conférencier nous parle des indiens Diaguitas, qui ont troqué avec facilité « Pacha Mama » pour « Santa Maria ». Le peuplement puis la colonisation de cette vallée des Andes est pour moi une vraie découverte. Mais ça ne fait pas une histoire pour mon blog...

*

Heureusement je suis sauvé par le film argentin « Cordero de Dios », ils ont traduit çà en français « Agnus Dei ». Un titre à faire fuir. On comprend dans le film qu'une agnelle blanche en peluche sera une clé de l'intrigue. Je t'ai déjà dit tous les films argentins que j'ai vus ces dernières années. Chaque fois tu es emporté par la puissance des personnages et des paysages. Même si certains scénarios sont moins forts que d'autres. Toujours, tu es plongé au cœur de la complexité de l'organisation sociale de ce pays, et de cette culture hybride espagnole et indienne. Là, l'enlèvement d'un « grand-père », vétérinaire d'un « ami » de l'ancienne junte des Généraux, confronte sa petite fille à la découverte des épreuves traversées par ses parents qu'elle ne soupçonnait pas. On passe de la « résistance » comme dans nos vieux films en noir et blanc, à l'Argentine « moderne » qui débute sa crise économique. Un bon thème. Comme c'est un film qui joue sur les bons sentiments, la fin est très hollywoodienne. Moi j'ai surtout apprécié de revoir Buenos-Aires, le Reitiro, le Rio de la Plata. Et puis goutez le maté !

*

A Calchi, nous arrivons dans un hotel-restaurant moderne, en haut d'une colline qui nous donne un magnifique paysage sur la vallée. Un parc boisé offre des barbecues à des visiteurs de passage. Il y a des oiseaux partout.
Nous visiterons deux sites remarquables. D'abord l'église San José. Comme çà, tu ne repères pas sa spécificité. Dans les Andes, à ces hauteurs (on est entre 2400m et au col on sera à 3420m), le bois n'existe pas. Décor minéral. Il n'y a que des cactus. Dont le fameux parc naturel des Cardones, arbrite le plus grand nombre, pour les protéger. La charpente de l'église est en bois de cardon. Etroite (car les cactus ne grandissent pas comme les arbres) et longue (41m) ce qui lui donne un aspect très particulier à sa nef. Comme une carène renversée. Et puis aussi la statuaire de l'autel, simple et pourtant émouvante.

Le musée archéologique Pio Pablo Diaz permet à nos conférencières de s'en donner à cœur joie sur les premières civilisations des Andes. Le musée leur permet de te faire passer du Xème siècle avant JC, aux années 1450 avec l'arrivée des Incas. Puis Un siècle de résistance des Diaguitas à la colonisation espagnole. J'ai surtout mis les photos des murs peints qui ornent le musée.

Nous avons passé la journée au soleil, mais un amas de nuages nous empêche de voir le Cerro San Martin qui culmine à 6380 m. Il est pourtant juste devant nous.

L'après midi nous devons retourner à Salta en traversant le très attendu parc naturel des Cardones. Sur le papier, la route est bien tracée, mais elle est en terre, étroite et grimpe raide. A l'entrée du parc, on s'arrête pour faire les premières photos de cactus, quand, en quelques minutes nous voyons monter de la vallée, poussée par un vent bien frais et très soutenu, une brume épaisse. Dix minutes après c'est une pluie fracassante qui assomme notre bus. On n'y voit rien à dix mètres et les chauffeurs ralentissent la cadence. On monte toujours à flanc de montagne. Arrêt brutal ! Des pierres roulent devant nous. On attend, puis le bus y va. Moins de deux kilomètres et là, tout est coincé. Il y a même un petit bouchon d'une dizaine de véhicules. Cette partie de la route, toujours en travaux, est traversée par un fort torrent. Un pick-up s'y était engagé et reste là, planté, moteur noyé, capot levé. Ils sont quatre ou cinq à s'activer. Le tractopelle est bloqué par deux camions immobilisés. Il faut attendre. Nous mettrons plus de trois heures pour les 50 derniers kilomètres.

 


A Salta, ce soir là, ce sera diner libre. Ouf, on décompresse. Ces quatre jours dans les vallées calchaquies nous auront saoulés de bus, et de restaus traditionnels. Nous avons manqué de temps, chaque site valait une demi-journée de découverte, au moins deux jours de plus ! Mais les sensations sont là. Vivre au pied des Andes, il faut avoir le caractère trempé !

Début: Retour d'Argentine

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A suivre


par albumrj publié dans : Carnets d'Argentine
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Mercredi 14 mai 2008
Florence 7
Les Cantories de Luca della Robbia et Donatello
 Musée de l'Opéra del Duomo

Florence c'est un lieu de ballade idéale, de nuit de jour, été hiver tu es sollicité par plus de choses que tu ne peux en assimiler. Chaque site te fait changer de point de vue - au sens de l'observation- sur ce que tu as déjà admiré. Tu repasses en te disant que tu n'avais pas vu ça comme çà, que c'est encore différent. Ou simplement que tu étais passé à coté sans remarquer. Il faut dire que le guide t'aide. Le soir à l'hôtel quand tu revisites par la lecture ta promenade du jour, les échanges vont bon train, et le bouquin tombe de tes mains, de trop de fatigue.

Je t'ai déjà mis des photos du musée de l'opéra del Duomo. J'en ai encore.
La, je te présente les Cantories. Si t'es allé à Florence, je ne t'apprends rien. Si tu ne connais que par les cartes postales ou les photos des copains, bien, j'ajoute les miennes.
La « Cantoria était une tribune, une sorte de balcon. En marbre.
Celle de Luca della Robbia était installé au-dessus d'une porte de la sacristie de la cathédrale. Elle a été finie en 1434, et lui pris cinq ans de travail. La photo te montre l'intégralité de la tribune reconstituée avec des moulages, et les panneaux originaux en marbre étaient exposés à bonne hauteur de l'appareil photo. Comment faisait-il sur si peu de relief pour donner tant de perspective et de mouvement ? Et quelle grâce ! Hein !

La deuxième Cantoria est de Donatello. Lui aussi un bosseur dans la pierre et le marbre et le bronze. Les panneaux de la tribune donnent une impression dynamique. Avec un je ne sais quoi qui est lié à ce que les personnages semblent d'avantage en relation avec la pierre. Ils s'en détachent tout en faisant corps. Merveilleux.

Ces œuvres ont quitté la cathédrale, elles sont au musée. On peut les admirer sans « cérémonie ». Tant mieux, le calme du musée leur sied bien

Début : le voyage à florence
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A suivre

par albumrj publié dans : carnets de voyages
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Jeudi 8 mai 2008
Argentine 12
Molinos - Vallées calchaquies - de Cafayatte à Salta.

Ce matin je regarde sur le Monde.fr, la carte satellite, « la Birmanie avant / après le cyclone ». Le nombre des victimes dépasse ma capacité de représentation. J'entends à la radio les gens interviewés qui racontent « on a été prévenu à temps, mais le retour, quelle désolation ! ». A cinq mille ou dix milles kilomètres, inondations, éboulements n'ont pas la même résonnance. Il n'y a que ce qu'on peut imaginer qui a du sens, au-delà on ne sait plus quoi penser...

En 74 lors d'un voyage au Pérou, nous étions juchés à 5 m du sol en haut d'un camion poussif, sur des ballots improbables. On se cramponnait comme on pouvait. Au hasard d'un virage dans la Cordillère, un camion semblable au notre, plus de vingt mètres en contrebas, sur le toit, la cargaison roulait encore dans la pente, et les gens qui se relevaient péniblement. De retour à Paris on lisait les « scores » sur les accidents de voyage. Quand tu es dans un pays, tu reçois les événements sans discrimination.. Là, nous voyageons dans des conditions privilégiées. Un bus brutal, mais en bon état, deux chauffeurs. Le retour entre Calchi et Salta montrera qu'il n'y en avait pas de trop.
...
Quand on prend la décision de ce voyage, on est à Bayonne. Comme çà, d'un coup ! L'année avait été rude, et après s'être demandé mille fois comment se changer un peu les idées, celle de cette découverte de l'Argentine prend corps, et en quelques jours nous nous décidons.
A Bayonne, dans le cœur de la ville « piétonne », nous voilà au Virgin. Sur Internet les différentes agences nous avaient donné des bibliographies. On sort la liste : rien ! On peut commander ? Vérification sur l'ordinateur, non ! Tout est épuisé depuis des années ! Merci les agences, on fait sa fiche une fois et on s'en fiche ensuite !
Le rayon Amérique Latine n'est pas le plus grand du Virgin de Bayonne. Il y a moins de 10 bouquins et guides. Pas faciles d'accès en plus, dans le rayon au raz du sol. Mais c'est un geste « auguste » ! Il y avait trois clients à ce rayon. Un couple de notre âge, plus que la soixantaine et une jeune femme 20-22 ans (excuse, j'ai pas vérifié ses papiers ). Du coup la converse s'engage : les premiers partent pour leur nième visite, ils sont de St Jean Pied de Port, ils ont des parents immigrés là bas depuis des générations. La jeune a décidé que s'engager dans la vie sociale et professionnelle avant d'avoir fait le tour du monde avec son copain, c'est gâcher la chance de vivre. Leur budget pour ce tour est la moitié de celui de notre découverte de l'Argentine. Elle nous interroge, en regardant nos cheveux gris et mon estomac amateur de bières : et vous ? Vous voyagez ?
...
Nous sortons tranquillement de la quebrada de las Flechas. La piste est un peu plus large que le bus. Nous sommes escortés par le flot des torrents canalisés qui suivent la piste. Nous entrons dans une nouvelle vallée. Ce 25 février vers 12 h00 nous arriverons à Molinos. A 2031 m d'altitude.
Juste en redescendant du col de la quebrada de Las flèchas, notre bus est ralenti un peu avant Angostura par des chevaux dans un petit sous bois qui borde la piste. Ils sont entravés. Opportunité pour nous de voir les vignobles de la région.
Molinos, n'est pas un village « touristique », mais deux édifices témoignent de la culture de la région et de l'influence de deux civilisations, basques et incas de Cuzco. L'église San Pedro Nolasco, sous des dehors typiquement « architecture coloniale », est à l'intérieure matinée basque et espagnole. On s'y reconnaît.
De même que le grand bâtiment, hôtel restaurant avec son abri ombragé, est typiquement basque. C'est la maison des Isasmendi, installés là bas vers la fin du XVII siècle. Dans une heure nous serons à Calchi.

 

 

Début: retour d'Argentine

Précédent: La québrada de las Flechas

A suivre:

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Samedi 3 mai 2008
Argentine (11)
Quebrada de las Flechas - Vallées Calchaquies

 

Ce 24 février, nous nous sommes levés de bonne heure, déjeuner rapide et à sept heures trente nous quittons Cafayatte pour Calchi et retour à Salta.
Il nous faut moins de 40 km sur une route goudronnée pour arriver sur la piste qui remonte jusqu'à Calchi. Puis la piste alterne les passages le long du rio Calchaquie et les montées à flanc de montagne.
Vers huit heures trente, un peu après Santa Rosa, le premier cri « photo », le bus s'arrête et un groupe se perd dans le cimetière. On avait dit 10 mn et voilà une demi-heure qui passe.
Même pas un quart d'heure plus tard, nous découvrons un des points les plus saisissants de la ballade, le premier col à environs 1900m entre les pointes acérées: « les flèches » qui ont valu son nom à la vallée. Il n'est pas neuf heures, la lumière est faible, les nuages présents et les sommets à plus de 5000 m au loin, font barrage.
Néanmoins nous nous promenons tranquillement. De nombreux points de vue le long  de la piste facilitent les photos de ces plissements si particuliers. La vidéo te montrera la perspective du site. Pas vraiment d'éclat. Les pierres ne parlent pas, ne brillent pas, mais bon c'est quand même remarquable.

Début: retour d'Argentine

Précédent: Quilmes Cafayatte

A suivre : Molinos

 

 

 

par albumrj publié dans : Carnets d'Argentine
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Jeudi 1 mai 2008
Egypte 2004 (22)
La nuit à Louxor

Ce dimanche 21 novembre nous en avons vu des monuments. Aujourd'hui, quatre ans après, mes notes sont confuses. On vient juste de rentrer du Ramesseum, une petite douche sur le bateau, le Queen of Hansa, et c'est déjà l'heure du souper. Ce soir pas de conférence. C'est Louxor by night. A raison de cinq ou six sites par jours, que reste-t-il ?

D'abord, nous sommes des « princes ». En felouque, en bus, sur le bateau, des gens pleins de sollicitude qui nous évitent les embuches. Nous sommes doublement des « princes », car nous ne sommes pas harcelés par des quémandeurs, comme nous avons pu le voir ailleurs. Surement, le marché est « contrôlé », mais nous ne le sentons pas. A quai à Louxor, peut-être 40 bateaux, tous plus cossus les uns que les autres. Quand nous revenons de ballade, le Queen of Hansa est en quatrième file, cela veut dire que nous devons traverser trois bateaux avant d'arriver au notre. C'est surveillé, mais « facile ». les affiches sur les « précautions » sont présentes, mais rien de pesant, presque naturel...
La chambre est toujours faite, et les « garçons de cabine », s'amusent à confectionner des figurines avec les linges de toilette sculptés comme du carton.
Cela fait plusieurs jours que nous sommes à quai à Louxor, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion d'y poser le pied. La nuit nous renvoie les lumières de la ville illuminée. Les colonnades, les mosquées, les grands édifices (Hôtels ou « Club Med ».) Ce soir c'est le « jour ». Une autre visite est prévue demain, ce sera une autre histoire.

Vingt et une heure, c'est un moment doux. Souvent le vent balaye la vallée, et il faut un petit pull. Là, il fait doux. Nous marchons dans la nuit illuminée, en regardant intrigués, la foule compacte qui se déplace serrée entre les colonnes des temples. C'est à nous. Contrôle de ceux qui ont un pied pour l'appareil photo ; il y a un supplément. En même temps que la douceur du soir, tu ressens la présence, le bruit de la foule. Pas un endroit où tu puisses te poser, regarder, attendre, peut-être rien, juste que la pierre te parle...
Mais là, ils sont trop ! Les flashes te pètent dans les yeux, comme si les hautes colonnes de plus de 10 m de haut pouvait être atteintes par la lumière des flash microscopiques. La guide essaye de dire trois mots, mais que comprendre quand elle dit : « à droite de ceci, à gauche de cela ». Les éclairages au sodium, nous font passer de l'obscurité « des creux » à l'orange des statues « en relief ». Les ombres sont profondes. Les lumières éblouissantes. Tu as passé la journée plein soleil, et là, les contrastes te font sursauter. Et la foule. Toujours plus pressante.
A force de tourner, la tête levée vers les chapiteaux des colonnes, où somme-nous ? Tête en l'air, lumière crue, tu oublies où tu mets les pieds, dans l'ombre.
Sur les photos, j'ai mis des titres. Suis-je sur ?
Les jambes étaient trop courtes de trop de fatigue, mais l'émotion était là, dans chaque recoin d'ombre ou dans le plein champ de la lumière.
Je sais que j'y retournerai. Je resterai là, à Louxor, sans courir, presque sans bouger, juste pour suivre dans mon imaginaire la longue promenade jusqu'à Karnak. Trop merveilleux.

précédant: Ramesseum

Début: arrivée au Caire

A suivre:


 

par albumrj publié dans : Carnets d'Egypte
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Maura Michalon-Lafare


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