Carnets d'Argentine

Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /Oct /2008 12:18

Publié dans : Carnets d'Argentine
Dernier train pour Iguazù


Tu lâcherais bien  tes quatre carreaux pour quatre cœurs. T'entends la locomotive s'arracher pour l'œil de la cataracte. Tu poses ton grattoir , redresses ton dos battu et regarde filer la machine sur l'écran de ton PC, juste derrière, le trou béant de la cataracte est là. L'émotion de cette lente approche vers ce site magnifique revit. Ça fait deux jours que tu veux préparer ton sujet pour ton blog, mais tu t'es lancé dans des gros travaux de décapage de tes carrelages de sanitaires, il faut bien en finir : encore un coup d'oxydrine ! Frotter à la laine de fer, rincer, espérer... Ah ! Revoir ton Argentine !

Pour tromper ton impatience tu te passes la vidéo sur le PC, t'as le son de  tes souvenirs pendant que tu frottes.

T'avais fait ton dernier sujet sur le Périto Moréno. Tu quittes la Patagonie avec ses immenses glaciers et ses vents frisquets, tu te retrouves en Amazonie, avec sa chaleur humide sous un soleil éblouissant. En vingt-quatre heures ça te dépayse. Seulement là il faut penser aux petits soins contre les moustiques. Entre les  deux sites, plus  de trois mille kilomètres.

Tu voudrais jeter l'éponge sur ces carreaux, et rebattre tes coups de cœur du moment !

Quand le bus te dépose à l'entrée, un petit train t'attend ;  si tu ne connais pas le parc national d'Iguazù, tu prends ça pour de la frime. Tu te trompes ! Le train t'emmène doucement dans ce décor amazonien. Il suit une piste de terre rouge avant de rejoindre  un des innombrables bras de ce Rio Iguazù; sur son trajet, il fait une courte halte dans une vraie gare qui dessert des activités nautiques (mais je n'ai pas vu de raft ou de kayac sauter les chutes), avant de te déposer au plus profond du parc. La tu es enserré dans la grande boucle d'un méandre au pied du chemin des belvédères. Plus de quinze kilomètres.

Dans ce premier sujet tu retrouves ta découverte, ta première approche, comment tu chemines au soleil, le rythme un peu cadencé par Huguette,  le long ou au-dessus d'une immense étendue d'eau plate, presque sans courant.  Le rio Iguazù est large à cet endroit de plusieurs kilomètres, à peine délimité au loin par la ligne verte de la végétation.  Après un petit bosquet sur un petit ilot, de l'autre coté d'une passerelle, une brume monte, t'entends le bruit qui n'est pas encore un grondement. Tu aperçois juste ce premier bord de la cataracte qui crée ce gigantesque  remoud. Encore deux cents mètres et tu y es. L'écume remonte du fond du gouffre d'eau, te trempe en quelques secondes. Tes objectifs son liquéfiés, tu t'es fais avoir ! Un petit repli, tourner le dos, essuyer, tu protèges l'objectif avec ta casquette tu la retires le temps de viser et de déclencher. Essuyer encore.

Quand nous aurons parcouru les belvédères au-dessus des chutes, nous prendrons un autre chemin pour les voir du dessous. Un autre sujet !



Allez, tu reprendras bien un petit coup d'oxydrine pour finir le voyage !

A suivre:Ombres et Lumières d'Iguazù

Précédent: Périto Mréno et le canal de los Tempanos

Début: retour d'Argentine.



Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 23:18

Publié dans : Carnets d'Argentine

Perito Moreno  depuis le canal de los Tempanos

 

Au moment où je reprends mes carnets de voyage en Argentine, entendant les informations sur la crise financière, et la pagaille des Etats,  je retrouve approximativement une pensée de Pierre Dac qui voulait qu'on remplace dans le dictionnaire de l'Académie l'expression « doucement les basses » par « doucement les hausses ».

Trente kilomètres de long, 195 km2, avec un front de 4 à 5 km et une hauteur de plus de soixante mètres au-dessus du niveau du lago Argentino. Impressionnant.  « Doucement les basses ». Malgré le clapotis, malgré le vent, le glacier respire en sourdine. Quand le bateau coupe les moteurs et se laisse dériver près de son front,  ton attention est toujours alertée par ces morceaux de glace qui se détachent dans un craquement de branche qu'on casse, plongent dans le lac  et doucement dérivent.  Quand l'agitation sur le pont se calme, tu l'entends le glacier, tu ressens les forces extraordinaires qui le poussent, le déchire. Le glacier est vivant, il avance. Depuis combien de temps n'a-t-il pas obstrué le canal de los Tempanos? Au moment de te donner la réponse, je ne sais plus, en  plus j'ai prêté mon petit guide « Geo » à la voisine qui prépare son voyage.

Ces quelques photos et cette courte vidéo pour le plaisir de la lumière, du cache-cache de minuscules éclaircies et des gros nuages. Des arcs-en-ciel à peine perceptibles, et cette attente du gros bloc qui se détache. Bien sur toujours quand tu ne regardes pas.  Ces glaciers sur le Lago Argentino sont pour moi un moment fort de ce voyage. Un peu idiot, hein ? Cette contemplation des glaciers ? Pourtant ton imaginaire travaille. Plus que les km, les masses immenses en jeu, c'est la sculpture des glaces, que la lumière rasante comme un spot au théâtre débusque entre les ombres et l'éblouissement des reflets. Comme je cherchais à saisir la chute d'un sérac, mon caméscope a pas mal tourné, et c'est en revoyant les images que je découvre comme une galerie de portraits. En même temps, en prenant conscience de la profondeur des crevasses, les tensions de la glace, je comprends mieux qu'il y ait des passionnés pour des randonnées au milieu des séracs. Mais faut être pro !

 


Nous quittons avec ce sujet la partie « froide » de l'Argentine, la Patagonie. Dès demain après une nouvelle escale à Buenos Aires, nous volerons vers Iguaçu.

A suivre: Dernier train pour Iguaçu

Précédent : Perito moreno - Lago Argentino

Début: Retour d'Argentine

 

Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 00:36

Publié dans : Carnets d'Argentine

Perito Moreno - Lago Argentino

 

Argentine (20)

 

Ce petit matin du premier mars, debout de bonne heure pour visiter à l'ouest du Lago Argentino, le site du glacier Perito Moreno. La ballade est prévue en bus, jusqu'à un petit sentier sur une colline proche du glacier qui donne un point de vue remarquable. Nous sommes dans la cour de l'hôtel prêts à embarquer, quand le bus repart d'un coup. Que se passe-t-il ?

La veille nos conférenciers avaient protesté que le micro ne marchait pas. Au moment d'ouvrir la porte, le chauffeur se ravise, teste le micro et repart. Voilà comment après un démarrage sur les starting-blocks, nous entamons un délicieux surplace.

Le long du Lago Argentino le soleil bataille avec la couche de nuages. D'où ces cartes postales pleines de couleur.


Le bus nous laisse ensuite sur le lieu de promenade, et le cache-cache des nuages et du soleil continue. Sur la colline, il ne fait pas chaud, beaucoup de vent et la brume qui descend du glacier nous rattrape parfois.

Je ne te donne pas ici les dimensions du glacier. Je le ferai dans le prochain sujet. Sache seulement qu'il progresse encore, quoique moins vite qu'il y a une vingtaine d'années et qu'il parvient à obstruer le bras du lac, le canal de Tempanos séparant le « brazo sur » du Lago Argentino. La glace est profonde, 70 mètres et le canal fermé, le différentiel du niveau des eaux dépasse six mètres. Du coup une lente érosion, due à la pression de l'eau sur le front glaciaire, commence, provoquant des fractures de la glace. D'abord des arcs libèrent le passage de l'eau qui entraine l'effondrement du front et la réunion des bras du lac.


J'ai vu la vidéo documentaire, c'est saisissant.


Dans cette première découverte, les photos et la vidéo profitent des jeux de lumière sur la glace.

 

 

A suivre: Perito Moreno depuis le canal de los Tempanos

Précédent: Upsala

Début: retour d'Argentine.

Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 01:00

Publié dans : Carnets d'Argentine

Upsala - bleu glacier - Lago Argentino

Argentine 19

 

Après avoir coupé ses moteurs et nous laissés profiter du clapotis, le temps de faire les photos du glacier Spegazzini, le bateau se relance et un peu plus d'une demi-heure plus tard nous somme devant le glacier Upsala.

Le soleil est de la partie, un ciel dégagé permet d'apprécier les icebergs bleu glacier.  Avais-je jamais vu de telles couleurs ? Le bateau s'arrête devant chaque bloc sculpté, la centaine de touristes passe d'un bastingage à l'autre se croisant dans une bousculade effrénée, comme une correspondance à St Lazare.

Mon caméscope m'a échappé et il a enregistré depuis la sacoche des images de bousculades que je mettrai un jour, juste pour leur coté « sauvage ».

Le spectacle de ce glacier Upsala et de  son front abrupt sur le lago Argentino est saisissant. Les beaux glaciers que je connaissais se situaient dans les Pyrénées ou en Islande. En Islande je n'ai jamais eu aussi beau temps. Et puis le glacier vient de loin, on voit sa masse se tasser dans la vallée en pente douce. Les sommets qui l'entourent lui font le passage.


Mon GPS de Rando a tout enregistré notre route sur le Lago Argentino. J'ai téléchargé les Way-Points sur Google Earth, pour montrer nos étapes. Le Lac est a environ 195 m d'altitude. Quand nous sommes entrés dans le bras Nord, passage vers les deux glaciers, les sommets autour de nous, l'Avellaneda et l'Horqueta font entre 1450 et 1540 mètres. Pas si haut que ça, et pourtant bien enneigés pour cet été austral. Notre bateau filait de brazo en brazo à 43km/h


En relisant le guide, ce matin, cette note, le front du Glacier Upsala fait 7 km, sa superficie 495 Km2 en fait le plus gros glacier de la région. Ses parois font entre 60 et 80 m de haut. Impressionnant ! Non ? Un article dans Geo indique qu'il est en régression lui aussi. Notre accompagnatrice, Monica, nous dit que le glacier a reculé de 5 km en 20 ans. Et que les deux glaciers faisaient un front uni !


Un peu à L'Est du glacier Upsala, au bout du brazo Cristina, un restaurant façon cantine ou auberge basque, grandes tables pour vingt ou trente personne, des bancs et les plats qui  t'arrivent à peine tu t'assois. De là nous partons pour une petite découverte du parc naturel qui longe la baie. Une forêt d'arbres cassés, des mousses, des lichens. "Le Parque National los Glaciaires" est bien en Patagonie, climat rigoureux caractérisé par des vents violents et de fortes pluies et ça change en cinq minutes.


Nous c'était beau temps, et du temps pour contempler le bleu des glaciers.

 


A suivre: Perito Moreno

Début: Retour d'Argentine

Précédent: Spegazzini

Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 14:16

Publié dans : Carnets d'Argentine

Lago Argentino - Glacier Spegazzini - El Calafate

Argentine 18

 

Un vol tranquille nous dépose à El Calafate venant d'Ushuaia. L'arrivée surprend, quand on quitte Ushuaia, on est dans la verdure, les montagnes. Lors du survol d'approche de El Calafate, on ne voit qu'un immense plateau désertique de sable ou terre ocre ou gris. Quelques buissons. Du vent. Il est tard quand nous rejoignons l'Hôtel et donc pas de petit tour en ville. En fait, nous n'en ferons jamais, car nous serons attirés par l'immensité du Lago Argentino.

Dès le matin nous sommes à 7 H 00 sur le parking de l'embarcadère où attendent les bateaux pour la visite des glaciers. Des dizaines de Bus. Monica (notre accompagnatrice locale) connaît la combine pour s'installer dans de bonnes conditions sur le bateau. A son signal c'est le départ, de tous les bus, des centaines de gens jaillissent et courent. D'être arrivé de bonne heure, le bus est près de l'entrée; ouf !


Le soleil se lève doucement découvrant un ciel changeant, nuages, soleil, brumes, et le cycle reprend. Nous serons accompagnés toute la matinée par des arcs-en-ciel. Une première heure de navigation, et le bateau ralentit vers de superbes glaces aux reflets bleus. C'est la bousculade sur les ponts dehors pour être le mieux placé pour la photo.

 


Le Lago Argentino a une jolie couleur bleue qui vire au gris sombre avec les nuages, une eau pure. Des bras immenses pénètrent dans les vallées glaciaires et nous permettent d'aller jusqu'au pied des glaciers. Sur les deux jours nous en visiterons trois. Demain, le plus célèbre, le Perito Moreno. Quand nous repartirons de celui-ci, le Spegazzini, nous irons voir le glacier Upsala. Quand on sait la fragilité des glaciers aujourd'hui, on est heureux d'entendre que le Périto Moreno continue de progresser. Moins vite qu'il y a quelques dizaines d'années, mais en progression Le Lago Argentino est le troisième en superficie de l'Amérique du sud !


Pas de lyrisme, regarde les images c'est un régal

 

A suivre: Glacier Upsala

Précédent : Ushuaia Bout du monde

Début : Retour d'Argentine

 

Rechercher

Envoyez aux amis

illustrations

  • Lolei - Siem reap - 09
  • Angkor Vat Barattage - 12
  • manif retraites 27 mai 10 --54
  • croiseur-aurore-04---canon-vers-la-neva.jpg
  • Angkor Vat Barattage - 10
  • 0-puits-de-moise---mer-rouge-02.jpg
  • DSC_0330.jpg
  • manif retraites 27-10-10-25
  • Arville Commanderie Templiers10
  • Le pellerin - bords de loire 08
  • Palais royal Phnom Penh-03
  • tanis-ismailia-suez-09.jpg
  • Le travail de la laque57
  • Hanoï le marché le matin - 25
  • sculptures de Carmona - 800
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés