Vendredi 23 décembre 2011
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Publié dans : carnets de voyages
Lente progression entre les refuges Bismarck Hut et Kibo Hut
le 12/07/1978.
C'est notre troisième jour de marche. La veille au refuge, nous avons un peu vidé les stocks de bouffe. La nuit a été fraîche
et le matin, nous nous réveillons avec des maux de tête. Pourtant ce refuge n'est qu'à 3800m. C'est incroyable comment le temps, la lumière évoluent vite. D'abord une nuit claire et un petit
matin frisquet qui te laisse apprécier la vallée. Puis la brume te prend et est, à son tour, chassée par le vent.
La première heure reste plutôt plaisante. Vers huit heures et demi, après une première heure de marche, la pause. C'est la
dernière source. Tu n'as pas été prudent, tu aurais dû remplir deux gourdes. Tu n'avais pas prévu que les porteurs, pour l’essentiel, restaient là, et que seulement deux jéricans seraient montés,
le minimum pour une soupe et du thé. Mais rien pour te refaire le plein.
Tu ne le sais pas, tu repars.
Tu traverses des vallées qui contournent le Mawenzi. Sommet volcanique un peu en dessous du Kilimandjaro. T'es impressionné
par les masses rocheuses sombres. Surtout, quand tu débouches dans l'immense vallée entre les deux sommets, le vent glacé te prend. Le groupe s'étire. Tu restes un peu en arrière avec un petit
groupe qui monte tranquille. Ta femme est là. Pourtant ça te démange d'aller plus vite. Après une dernière pause, après avoir vidé ta gourde (sans imaginer que tu n'aurais plus rien jusqu'à la
soupe du soir), tu décides d'aller à ton pas, faire tes photos...
J'ai agrandi la photo, pour que tu voies bien notre chemin, jusqu'à Kibo Hut à 4800m. Un simple cabane en ce temps là. Je n'ai
aucune idée de ce qu'est devenu le refuge aujourd'hui. Il va me falloir plus de deux heures pour y arriver, complètement épuisé et asséché par le vent. Tu passes à coté d'un gars qui t'avais
demandé un peu d'eau dans la première montée. Tu lui demandes une gorgée : non ! Il lui en reste trop peu ! Rien à boire jusqu'à la soupe du soir !
La plaine de cailloux avant le refuge, balayée par le vent, te donne l'impression d'un territoire lunaire. Tu marches sur une
sorte de mâchefer, de gros cailloux de lave, plus ou moins poreux. La tête rentrée dans les épaules tu fais front.
Le refuge est petit, tu jettes ton sac sur un matelas, réserve celui de ta femme, et ressors de suite. Tu te cherches un coin
à l'abri du vent. Tu t'assois, jambes allongées, le dos calé contre un rocher, fermes les yeux et te laisses aller au sommeil. Les tempes bourdonnent, il faut que tu récupères.
Vers 17 heures le soir va venir vite, le groupe va s'installer un peu comme il pourra. Le menu du soir sera soupe de légume,
une boite de colin pour quatre, un car de thé. Tout ça dans le seul récipient que tu avais. T'imagines le goût du thé.
Le lever est à minuit, avec les lampes électriques. Demain 13 juillet, l'ascension finale.
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En haut du Kilimandjaro.
Jeudi 13 juillet 1978
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Les neiges du Kilimandjaro : Mandara -Horombo
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Les neiges du kilimandjaro
Refuge Peters hut à Mandara
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Les neiges du Kilimandjaro. Arusha,
base de départ.
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