Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 00:52
- Par AlbumRJ - Publié dans : ciné

Les Arrivants

 

En reconnaissant les images de la fête de Ganesh, tout d’un coup, tu réalises que ça se passe chez toi. Les « Arrivants » ils arrivent là, presque dans ta rue. Tu reconnais le quartier, les personnes qui y vivent. C’est vrai, tu ne t’es jamais posé la question où ils vont,  ceux qui arrivent par les chemins tortueux, mais pas gratuits,  qui se sont enfuis de leur pays ?

Ben là, dans ta rue…

Alors t’as mixé dans cette vidéo quelques images du quartier quand les habitants partagent leur culture. Mixé avec des images de la tour Eifel, symbole de la ville lumière !

 

Dans l’ombre, les personnels de la Cafda. Tu les découvres. La caricature du fonctionnaire sans implication, ni initiative, s’en tenant au règlement en prend un coup de vieux ! La complexité d’une demande d’asile, t’imaginais pas. Mais l’expertise avec laquelle les personnels guident les arrivants dans les procédures administratives est impressionnante. Ne crois pas qu’ils sont bons par la routine ! Non ! Chaque cas est unique et nécessite vraiment de construire un cheminement  spécifique adapté. Le métier avec lequel ils traitent les besoins des arrivants en sollicitant leur propre autonomie, c’est du grand art. Bêtement toi, t’aurais fait certaines démarches à leur place. Confronté au mur des contraintes budgétaires, t’aurais laissé filer un ou deux de tes propres tickets restaurant. Pourtant faut savoir résister et bousculer le comptable…

 

Quant aux demandeurs d’asile, tu reçois leurs confidences au compte-gouttes. Quelle pudeur pour décrire par quelles épreuves ils sont passés. Parfois tu es surpris par la conviction avec laquelle ils sollicitent certaines aides. Ils mettent toute leur énergie et leur détresse pour un ticket repas.

 

Alors, cette jeune érythréenne qui peut accoucher et bénéficier de la PMI, ça te touche. Tu sais combien ça te coute sur tes cotisations de mutuelle le financement de  la CMU. Constater vraiment le soutien que ça procure à cette jeune femme, redonne du sens aux cotisations sociales.

 

« Les arrivants » est un film qui réconcilie avec nos valeurs sociales et républicaines. Même si tu ne comprends pas pourquoi ce couple de Mongols n’a pas été accepté, si les délais paraissent longs pour ceux qui les vivent, leur accueil est réalisé efficacement et dignement.

 

Si tu n’as pas vu ce film, cours-y vite, quoique peut-être, ça puisse valoir le coup d’attendre le DVD, car le ciné parisien où il est projeté en rajoute sur l’inconfort, et la qualité déplorable de la projection. Le dénuement ?

Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 23:26
- Par AlbumRJ - Publié dans : carnets de voyages

Montluïc et la fondation Miro.

Montjuïc - Fondation Miro 8Ça n’est par la première fois que ce blog t’emmène en Espagne. Avec lui tu as déjà fais le tour des Mallos de Riglos (si tu es randonneur). Avec quatre ans de pratique du blog, t’as repéré que le sujet sur les Mallos est un de tes succès. Dans ton box office perso, les Mallos arrive cinquième ou sixième ; pas de buzz, mais deux trois visites chaque semaine.

Donc, ce petit tour en Espagne, que tu entreprends aujourd’hui va te promener autour de Barcelone, dans les pas de Dali, Gaudi, Miro.

T’as chargé ta première cassette vidéo, et tu vas la dérouler comme ça au fil du temps.

Aujourd’hui Miro. T’es le 14 mai 2004. C’est ton troisième mois de retraité, t’expérimente un nouveau mode de voyage, en groupe et « culturel » avec CLIO.  L’universitaire discret mais savant qui sans notes te montre un détail, un « code »  qui te commute en amateur passionné là où tu ne serais passé qu’en badaud.

Ce n’était pas un inconnu pour toi Miro,  avant cette visite. Tu t’étais parfois demandé si ce n’était pas le modèle des « Shadocks ». Mais l’avantage d’être sur place, c’est que tu le découvres dans sa durée d’artiste ; D’apprenti gauche (même si toi tu n’as jamais rêvé de ce savoir-faire) à cette personnalité des œuvres qui en a révélé le génie.

Ma déambulation passe par la découverte du site de Montjuïc, les enfants que nous aurons le temps de croiser lors de nos attentes, et quelques images grappillées dans le musée, avec en point d’orgue, la sculpture en « papier mâché » qui figure un couple d’amoureux. Sur le guide, il semble que l’original soit à la Défense près de Paris ; Pour y avoir longtemps travaillé, je ne l’ai pas vu.

 

Qu’est-ce qui te remet en tête de parcourir tes archives vidéo sur cette peinture espagnole ? Rien ! Comme ça ! Tu sorts du musée Jacquemart André, il y avait des œuvres de Dali et de Miro. Voilà, t’étais passé à Barcelone, une bonne occase pour « recycler » tes souvenirs…

 

Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 17:35
- Par AlbumRJ - Publié dans : alblogrj

Taos Amrouche et  Maura Michalon Lafare

 

taos amrouche 4Ado t’as mesuré la distorsion d’une onde, les bruits de fond. Tu t’es vite rendu compte qu’aucun oscilloscope ne t’exprimait mieux la distorsion que ton oreille. C’en est un peu maladif, aujourd’hui on dit facilement pathologique. Mais t’as passé un temps fou à comparer ce que tu vois et ce que tu entends. Tu sais quand les premiers micro-ordinateurs sont apparus, (dans les années 1980-81), j’ai acheté un ZX81. Le soir dans notre chambre une petite télé portable affichait les résultats de petits programmes que je tapotais sur le clavier de l’UC posée sur mes genoux.  je développais des harmoniques en série de Fourier. J’enregistrais les fichiers sur mon magnétophone à cassette acquis pour immortaliser les premiers mots des enfants. Vers une heure ou  deux du matin une violente tornade secouait le lit : « y en a  marre de tes conneries ! » C’est vrai que le « scrouuiitt » des signaux numérisés s’entendait bien !

Comment ta petite femme s’est-elle fait recruter par une chorale de Gospels? Il faudrait la soumettre à la « Question » comme un vulgaire inquisiteur moyenâgeux ! En tous cas elle rentre de cette après midi là en réclamant ses vieux vinyles. Scander le rythme, sentir la voix qui sort des profondeurs de sa gorge, retrouver les émotions des musiques partagées, c’est ça le chant. Juste ou faux, si l’émotion, le ressenti sont là, tout est bon.

Bien sur la vieille chaîne stéréo trône sur le meuble du salon. Mais à l’heure du CD ( chez nous on n’est encore pas MP3), mettre en route la platine pour lire les disques vinyles, apparaît vite comme agaçant parce que « ça ne marche pas tout seul »…

Fais-moi des CD !

 Du vieux placard sortent plus d’une centaine de disques qui s’étalent sur le parquet. D’une décantation inversée remontent à la surface quelques vieux disques oubliés depuis trente ou quarante ans. Tu  débranches ta platine de ta chaine et tu la transportes sur ton imprimante/ scanner au-dessus de ton PC. Premiers essais de capture, du bruit de fond impossible. Du 50HZ comme si t’enregistrais le secteur. De ton  tiroir technique tu sorts un fil et tu relies les masses du PC et de la platine. La musique est là. Les grattements, craquements aussi. T’as une palette de filtres, pas géniaux. Tu prends le disque et tu l’emmènes dans ta cuisine, eau tiède, liquide vaisselle, rinçage à la douchette, coup de torchon énergique, on recommence ! C’est pas un miracle, le son est là. Trois ou quatre passages pour affiner devant les vumètres le bon poids de la cellule et de l’antiskating, et ça roule. Ton mini labo de conversion de tes vinyles en CD est prêt. Tu dépiles dans l’ordre où ils sont posés.

Celui-là, c’est le cinquième. Ne crois pas que le transfert soit une industrie automatisable et rentable. Non, t’es qu’un géomètre qui à chaque instant remesure, faif le point, reporte ses paramètres. Ton casque sur les oreilles tu écoutes ce qui se joue. T’as beau lire un bon polar, le moindre crachouillis te fait sursauter pire qu’un chasseur aux aguets. C’est un vieux Taos Amrouche des années 70. Là t’es surpris par le silence et la voix qui doucement s’insinue, le remplit sans le combler. Tu te rappelles le film de Besson, «le  cinquième élément », ou la chanson de « Laetitia » dans les « Aventuriers » avec le vieux Lino et Delon. Quand l’espace devient chant, quand le vide devient voix, quand tous les désespoirs se nouent dans les cordes vocales de l’artiste, ton estomac se creuse, ton cœur change de rythme, ton esprit  n’est qu’un son. Il n’y a pas que le cristal qui peut exploser quand la voix te prend, ton émotion aussi.

C’est pas moi qui vais te faire l’article pour Taos Amrouche, tu la connais surement mieux que moi. Mais en redécouvrant ces « chants de la meule », et les « chants du berceau », le chant n’est pas l’envoutement de la sirène, mais la lumière rassurante d’un phare, le doux murmure d’une voix proche dans ta première peur de l’obscurité. Toutes tes craintes s’estompent. Le dos se relâche…

Le problème de ces voix magiques, c’est le silence qui les accompagne, et les craquements et soupirs de la surface du vieux disque usé. Comment filtrer le bruit sans altérer l’authenticité de la voix ?

J’avais reçu de Maura un courriel pour son prochain stage de chant. Tous les renseignements sont sur « la page de Maura » de ce blog. Comment pouvais-je réunir ces deux émotions ? Celle de cette voix pure mais moins simple qu’il n’y paraît, et celle de Maura si enthousiaste dans la conduite de ces chorales ?

 La nuit.

Le  dernier concert  à l’espace Daviel débutait par « un noir » d’où montait  doucement la voix lumineuse de Maura. Dommage   la réverbération incorrigible de la salle. Dommage le piano-enclume. Même les petits bruits des enfants si présents auraient été un meilleur accompagnement.

Deux cultures, deux époques, deux voix, un même chant universel.

 

 

P.S :Dans le petit montage vidéo, la première partie chantée est « Berceuse de l’Oncle Mahmoud »

Quelques vers recopiés de la pochette du disque:

 

Qui voudrait m’accompagner au pays où se trouvent les âmes ?

 

Nous irions à leur recherche en nous mêlant aux oiseaux

 

Nous nous élèverions en plein ciel vers mes enfants bien-aimés.

 

( poème Kabyle de Fadhma Aith Mansour)

 

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