Vendredi 7 mai 2010
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Publié dans : carnets de voyages
La chartreuse de la Verne. De quoi loger quelques SDF !
Ce matin
là, tu quittes ton gîte de Cogolin de bonne heure. Tu t’es gelé toute le nuit. Tant par le froid que de l’inconfort de ces constructions qui peuvent être habitables l’été par forte chaleur,
mais qui, en ce printemps humide et froid, génèrent de la condensation sur les murs et dans le lit. Si le four avait fonctionné t’aurais fait chauffer une brique pour sécher ton lit. Mais
t’aurais eu meilleur temps si t’avais pu faire un fagot avec des allumettes…
T’as envie de marcher, sans aller très loin. Le guide te donnait un bon restau à la Môle, une confiserie pour
les spécialités de marrons à Collobrières. Tu optes pour une ballade de quelques kilomètres vers le barrage de la Verne. Rien de particulier. La ballade semble se terminer en cul de sac. Tu
espérais que du lac on pouvait aller à la chartreuse de la Verne. Mais tu ne trouves pas le chemin. T’as pas ta carte de rando…
Le midi tu te manges une superbe souris d’agneau. Le chef t’a donné quelques indications sur la préparation,
mais t’as pas noté. Sauras-tu la refaire ? La patronne te dit aussi que la chartreuse, ça peut intéresser. Bon ! Ventre plein, t’y vas. Sauf que t’as pas le temps de profiter de
Collobrières, si tu veux arriver avant que le site ne ferme.
Vraiment c’est remarquable. Tout autour, chênes et châtaigners te plantent un décor austère et puissant.
La chartreuse t’apparaît au travers les arbres dépouillés, dont les blessures et contorsions te disent bien la force du vent quand il s’y met.
La visite de la Chartreuse de Verne n’est pas très longue. Tu découvres au travers les expositions qu’elle fut
fondée en 1170, que récemment elle était à l’abandon, utilisé par des fermiers pour l’élevage. Qu’elle a été réhabilitée à grands frais. Qu’il y a une vingtaine de personnes qui vivent là, dont
des sœurs contemplatives. T’espères juste qu’elles aient un loyer à la hauteur du privilège d’habiter là. De la place, il y en a ! Quand tu te rappelles les conditions où sont hébergés les
jeunes dans les foyers de jeunes travailleurs. Ils n’ont pas droit aux chambres « monacales » ! C’est vrai, ils sont jeunes et ils bossent ! Alors un matelas pourri entre des
parpaings sur un vague parking d’une zone industrielle, on appelle ça un foyer ! Les nones « contemplatives », elles ont de belles chambres harmonieuses, profitant d’une profonde
lumière rehaussée par de structures en pierre de taille et bois poli au fond d’un parc majestueux.
T’aime vraiment ce lieu, mais tu ne peux t’empêcher de penser qu’il y a une profonde injustice à comparer les
sommes formidables mises en jeu pour restaurer cette espace, pour de rares privilégiés, avec ce qu’on investit pour que des jeunes puissent s’installer dans la vie.
Alors ces « contemplatives » ? Elles bossent ? Impossible de savoir ! Mais des copies
d’ouvrage d’art religieux, il y en plein la boutique. T’en a vu en centaines d’euro. Il y a peut-être un business dans la contemplation ?
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