carnets de voyages

Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 21:14

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Beauchastel, village d'Ardèche

 

C'est mon troisième passage en Ardèche. Oh ! Rien de glorieux ! Simplement, chaque fois je comprends mieux ce qui fait que j'ai plaisir à m'y retrouver.

Le rendez-vous est à saint Laurent du Pape. On est sur l'autoroute, le téléphone... « On pique nique à Beauchastel, vous êtes où ? » Bêtement on est sur l'autoroute, on arrive, mais il y a un tel monde, que tu ne peux laisser le pilote automatique gérer la circulation.

Quand nous sommes à Beauchastel, le téléphone nous apprend qu'ils sont plus là. De toute façon, le rendez-vous c'est saint Laurent, seize heures ! Tu  vas pas te mettre en boule pour cette partie de mistigri, tranquille tu t'arrêtes au parking et tu décides : Une heure pour Beauchastel. Toi, tu y étais passé, il y a deux ans, dans tes pérégrinations VTTistes dans la vallée de l'Eyrieux. Ta petite femme n'avait pas vu, tu l'as fait grimper jusqu'à la ruine de la vieille tour.

Ces villages de l'Ardèche accrochés au flanc de la montagne t'interpellent toujours autant. Ces montées, ces pierres, cette lumière, tu as l'impression que les gens ici sont des chanceux, qu'ils doivent être heureux de bénéficier d'un cadre pareil. Toi qui pestes sur les conditions difficiles pour garer ta voiture à Paris, tu réalises soudain que les rues étroites, en pente raide, ne sont pas ton idéal. D'ailleurs avec ton VTT, n'avais-tu pas mis pied à terre ?

Les pierres, les feuillages, les collines en face, l'Eyrieux à tes pieds, les ponts marquent un horizon qui régénère ta perception de l'espace. Toi qui ne peut t'accoutumer aux verres progressifs, tout d'un coup, en même temps que tu vois loin, tu ressens la promiscuité des ruelles et des maisons.


En redescendant, la vitrine d'un artiste. Les héritiers des soixante-huitards ont renouvelé l'expression artistique pour les touristes de passage. Il y a quatre ans tu avais craqué devant une poterie « raku »,  Le beau tu sais qu'il a besoin de lumière et de distance.

Tes photos sont mécaniques. Tu ne sais si tu les as déjà faites, avec une autre lumière, d'autres gens. Mais t'arrives juste, t'as pas encore eu le temps de t'imprégner. Demain, c'est sur, tu chasses les châtaignes !

 

Mes sujets précédents: vallée de l'Eyrieux

Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 22:58

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Emirates Palace - L'expo Picasso- Abu Dhabi

 

Il fallait être sur place pour savoir qu'il y avait une exposition Picasso dans le fabuleux « Emirates Palace ».  Il fallait aussi  se dire que c'était con d'être venu de si loin et de ne rien voir. Mail il y avait la chaleur. Plus de 46 degrés tous les jours. L'ai chaud et moite ne te laisse pas d'autonomie pour marcher. Le bitume fond. Les énormes bagnoles soufflent un air brulant qui balayent les  rues et les trottoirs, juste  pour faire fonctionner la clim du chauffeur qui attend en double file. Le samedi soir je ne te raconte pas les embouteillages, dus seulement au problème de l'impossibilité de stationner.

Donc il fait chaud ! Aller à la piscine, implique déjà de traverser les jardins en bord de mer. Le soleil tape droit. Il n'y a aucune ombre, sinon en fin d'après midi quand la hauteur des buildings fait écran au soleil. Dix minutes pour trouver un parasol, et tu as l'impression que ta crème solaire sent l'huile de friture. Tu lâches ton sac d'un geste épuisé, tu te traines dans tes tongs sur le carrelage bouillant, voilà la douche, et tu te laisses couler dans  la piscine. Tu frissonnes. L'eau est à 30 degrés ! A Salies de Béarn  à 28, tu crois entrer dans un court bouillon ! Tout est relatif.

T'aimes pas vraiment nager, d'ailleurs tu barbotes plus que tu nages. Pourtant tu restes là. Il te manque la casquette, mais les lunettes de soleil te protègent de l'éblouissement de la réverbération du soleil. Au loin tu entends les sirènes des machines de chantier. Ça construit à un petit kilomètre. Quand la lumière est moins aveuglante tu essayes de regarder, tu vois les stocks, sur près de 25m de haut, de blocs de béton de 4 m3 chacun, prêts à être déposés dans l'eau du golfe pour gagner un peu sur la mer... Les grues partout, ils travaillent jour et nuit. Il paraît que certains préfèrent l'équipe de nuit, au moins il n'y a pas le soleil pour les cuire.


Donc visiter, c'est un peu t'arracher à ton espace de survie. L'eau, tu sens bien que la vie y est née, quant à l'air que tu respire, il brule plus qu'il t'oxygène. Alors ! On y va ? Le petit groupe s'arrache des fauteuils confortables du hall, s'approche sans hâte de la grande porte tournante capable d'abriter trois mêlées de rugby dans chaque sas. La porte tourne, le sas se ferme,  interrompant le flux d'air climatisé et tu te retrouves dans la chaleur suffocante. Le garçon est là, d'un signe il peut  t'appeler un taxi. Mais tu fais le fier, on en avait discuté au bar, on ne va pas prendre une des ses grosses limousines noires à 30 dirhams, si confort et drôlement bien climatisée, non ! On veut un taxi local. Bien sur, il n'y en a pas. Peut-être au terminus des bus ? Cent mètres et tu ne te sens plus vivre. Comment font-ils ? Tu rebrousses chemin et tu demandes au portier un taxi « luxe ».  Trois secondes, il est là, intérieur cuir beige, frais, ambiance juste parfumée. « To the Emirates Palace » ! Il nous comprend illico. La boite de vitesse douce, le moteur sans un bruit, la voiture nous enlève. Puis le chauffeur demande quelque chose. On se rebranche. Oui on veut voir l'expo Picasso.  Il comprend, on franchit un immense portail,  passe sous une porte comme l'Arc de Triomphe, puis la voiture s'engage sur une allée qui bifurque sous un immense hall ombragé. D'autres limousines noires libèrent leurs touristes accablés. C'est notre tour.


Tu avais lu sur le guide que le palace faisait plus d'un kilomètre de long. Là, tu vois ce que ça représente. Au moins dix mètres de plafond, la réception où s'affairent sans bruit une vingtaine de personnes est devant toi, oui mais à trente ou quarante mètres...Picasso ? L'homme en grand uniforme, gants blancs, te montre la direction, tu suis les affiches, puis bel espace d'accueil. C'est gratuit, mais une grande urne transparente reçoit les dons pour une fondation.

Bonne visite. Mais c'est pas moi qui te la commenterai.

Je voulais faire des photos du site. Et puis entre les coups de clim et les litres d'eau glacée, t'as besoin du petit coin. Grand jeu de piste pour suivre les petits panneaux qui te conduisent à une porte immense. Boulevard Haussmann elle aurait pu faire honneur au siège d'une banque. T'évalues la force qu'il va te falloir pour bouger ça. Mais elle s'ouvre sans effort te laissant pénétrer dans une salle faites de miroirs de lavabo et de latrines, plus de quinze mètres de long. Un homme est là, en uniforme cuivre et marron. Laquelle choisir, tu vas un peu plus loin, le gars est là, et avec toutes ces glaces, ton intimité ne se sent pas à l'aise. Mais il faut se décider.

Soulagé, tu t'approches d'un lavabo, il t'ouvre le robinet, t'indique les savons et avant que tu aies fini de t'égoutter les mains, il est là, avec une serviette en coton blanc, roulée, qu'il sort d'une petite corbeille chromée dorée, avec une pince. Juste à coté, une sorte de  seau à champagne d'un joli métal poli, il te fait signe, c'est la que tu jettes la serviette...


Sur le guide, ils mettent qu'il y a 2000 personnes qui travaillent dans ce palace. Ils ajoutent que l'électricité pour la clim, c'est 15 000€ par jour. T'imagines, il n'y a pas quatre cent chambres, ça veut dire que chaque chambre bouffe 38 € de clim par jour, 1200 par mois !


C'est beau, c'est plein de couleurs orange, c'est frais, dehors, il y a des pelouses et des jets d'eau. Pour faire reluire le désert autrement que par des mirages, il faut des moyens. Toi, avec tes idées d'économie sur les frais de taxi t'es pas dans la note. Pourtant tu rentreras avec un taxi low-cost, qui gentiment s'arrêtera pour que tu fasses des photos à la sortie du parc.

Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 23:27

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Abu Dhabi

Les Emirats.


Je ne pense, pas avant la guerre du golfe, m'être posé une question sur cet état. Combien d'Emirs ? Je sais que je n'aurais jamais imaginé y aller. Mais alors ?  Mais alors ? Zorro est arrivé ! Eh ! Eh !

Comment la princesse des contes de Shéhérazade rencontra-t-elle le prince des  mille et une Nuits de Paris ?

Du  coup tu abandonnes ta capitale, ton Béarn et tu « fly » to the « Emirates »..

Je t'ai déjà dit que je parlais pas espagnol, ben, là, tu sais que je ne comprends rien à l'anglais non plus...

Alors quand tu débarques aux émirats pour des affaires sérieuses, presque des affaires de famille, ouf, comprendre, être compris te manquent. Tu réfléchis, trouves un alibi et tu fais mine de faire la gueule. Personne ne sait à quoi s'en tenir, sauf toi, qui ne comprend rien à ce qui se passe.

Et qui se passe bien.

Tu vois, quand l'avion ralentit pour l'atterrissage, là par le hublot, la terre, enfin ce qui sert de terre, et puis la mer. Mais la mer, malgré le soleil, elle baille d'une moue édentée. Tu te rappelles ces vieux râteaux en bois qu'on utilisait pour faner le foin ou le regain. Et bien pareil ! Imagine le manche cassé et le peigne à plat. Voilà l'image, des dents de roche jetées dans la mer, des bords de mer comme des canaux rectangulaires entre deux jetées, la vue sur la mer c'est la vue sur l'hôtel qui pendant quelques mois aura la vue sur la mer.

C'est fou !

Un ami travaillant à Londres revient et est incapable de retrouver l'hôtel parce que tout a changé, les rues (les boulevards), les repères.


On avait de l'aide sur place pour négocier les tarifs. Mais ils sont si compliqués ( le tarif week end, nécessite 5 nuits pour en bénéficier !) Il y a de quoi se perdre et on s'est perdu. Plein pot donc !


Faut pas croire que je dénigre, à l'aéroport, moins de 10 minutes pour sortir. Il y a une dizaine de personnes au contrôle des passeports : En tout blanc, presque tous des hommes, et en tout noir, jusqu'au plus profond de la prunelle des yeux, une femme. Mais tu  passes vite. Quarante degrés au petit matin, le touriste parisien, si tu l'évacues pas, il calanche...

Pour te dire, à Roissy, trois vols, plus de 1000 passagers et trois douaniers. En plus, l'un était décalé, il bouquinait dans sa guérite, il voyait la bousculade, mais ça ne le concernait pas. J'ai été alerté par un gus, surement un habitué, qui contourne la file et lui présente son passeport. Coup de tampon et retour à ses chères lectures. J'ose, j'y vais, coup de tampon et me voilà en tête de liste à la réception des bagages. Demi-heure d'avance sur les derniers...


Tiens une autre, cet après midi j'avais une vingtaine de lettres à poster, j'arrive dans le petit coin où il y a les automates, le changeur et les pèses lettres. Lumière rouge ici, lumière rouge là. Au premier coup d'œil plus de vingt personnes attendent. Derrière le coin libre service, deux préposés font leur pose. Personne ne s'inquiète des exclamations des clients  que les pannes indisposent. Vingt minutes mini pour un timbre, c'est toi qui deviens timbré ! Les deux, derrière, qui philosophent : « moi, on ne m'a jamais demandé si je voulais être chef ! Mais dans la tête, je ne sais pas comment je vivrais ça, je me sentirais partagé. Parce qu'au fond de toi, tu sais que pour être chef, il faut ignorer l'autre, et moi tu vois, ça me pose problème... » J'ai pas entendu la suite, je me suis glissé dans la longue file.


Si j'étais chef, des gus qui baillent devant des automates en panne, qui bouffent vingt minutes dans la vie d'un client, une bonne pédagogie sur l'ANPE et le RMI devrait redonner du tonus mieux que l'EPO !


Dis, t'as vu tes photos sur l' hôtel aux Emirats et ton discours sur les préposés ! Oui, je dis juste que quand t'es au boulot c'est pour bosser, que le management c'est pas les pointeuses, parce que les automates en panne, c'est la justification du personnel qui manque. Que c'est le consensus pour que le client, il attende, et râle sur le manque de personnel. Et si on n'y croyait plus ? Et si les manifs bidons ne servaient plus qu'à justifier les jeux de rôle ?


Là bas aux Emirats, j'ai été choqué par une personne que je voulais saluer et qui m'a dit qu'on ne pouvait la toucher. Du coup, plein de buée dans la tête, pas seulement due aux quarante six degrés. Je n'aurai jamais l'opportunité de lui demander, dans mon petit français, si elle veut devenir chef...

 

Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 01:00

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Florence - Le Baptistère

Florence 8

 

C'est inépuisable. Florence est inépuisable. Un petit tri et voilà 25 photos pour se replonger dans l'ambiance. Je ne pensais pas mettre un commentaire, seulement une affiche pour vous faire regarder les diapos. Je les avais sous-titrées. Paf ! Ça ne s'affiche pas, encore un petit piège des programmeurs d'over-blog, ou une erreur de ma part. Passons.

Donc, le Baptistère appartient à l'ensemble Cathédrale Santa Maria del Fiore - Campanile - Baptistère.  Il est sur la place San Giovanni. On y passe devant trois fois par jour. Le dernier jour nous attendons la fin des offices pour pouvoir entrer rapidement. Il y a toujours une longue file d'attente, sans compter la bousculade pour photographier la porte EST dite porte du Paradis.

Il avait eu à l'époque un appel d'offre et c'est Lorenzo Ghiberti qui l'emportât grâce à ce panneau « Joseph vendu au marchand ». L'original est au musée de l'opéra del duomo.

Il a travaillé 25 ans sur ces panneaux. Du travail d'orfèvre !


Une fois entré, on a un peu l'ambiance d'une église orthodoxe, avec ses mosaïques qui couvrent les huit pans du dôme octogonal. Toutes les images de la chrétienté y sont représentées. C'est le moine Iacopo qui est à l'origine.

La voute au-dessus de l'abside est décorée aussi d'une roue en mosaïque, « l'agnus dei ».

Seul celui placé dans l'axe de la voute la voit sans déformation.


Donc un beau monument, lieu de culte toujours très prisé,  mais à la fin, je sature devant la répétition des représentations de la bible et des prophètes. Même du diable du jugement dernier.


Début : le voyage à Florence

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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 16:48

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Florence 7
Les Cantories de Luca della Robbia et Donatello
 Musée de l'Opéra del Duomo

Florence c'est un lieu de ballade idéale, de nuit de jour, été hiver tu es sollicité par plus de choses que tu ne peux en assimiler. Chaque site te fait changer de point de vue - au sens de l'observation- sur ce que tu as déjà admiré. Tu repasses en te disant que tu n'avais pas vu ça comme çà, que c'est encore différent. Ou simplement que tu étais passé à coté sans remarquer. Il faut dire que le guide t'aide. Le soir à l'hôtel quand tu revisites par la lecture ta promenade du jour, les échanges vont bon train, et le bouquin tombe de tes mains, de trop de fatigue.

Je t'ai déjà mis des photos du musée de l'opéra del Duomo. J'en ai encore.
La, je te présente les Cantories. Si t'es allé à Florence, je ne t'apprends rien. Si tu ne connais que par les cartes postales ou les photos des copains, bien, j'ajoute les miennes.
La « Cantoria était une tribune, une sorte de balcon. En marbre.
Celle de Luca della Robbia était installé au-dessus d'une porte de la sacristie de la cathédrale. Elle a été finie en 1434, et lui pris cinq ans de travail. La photo te montre l'intégralité de la tribune reconstituée avec des moulages, et les panneaux originaux en marbre étaient exposés à bonne hauteur de l'appareil photo. Comment faisait-il sur si peu de relief pour donner tant de perspective et de mouvement ? Et quelle grâce ! Hein !

La deuxième Cantoria est de Donatello. Lui aussi un bosseur dans la pierre et le marbre et le bronze. Les panneaux de la tribune donnent une impression dynamique. Avec un je ne sais quoi qui est lié à ce que les personnages semblent d'avantage en relation avec la pierre. Ils s'en détachent tout en faisant corps. Merveilleux.

Ces œuvres ont quitté la cathédrale, elles sont au musée. On peut les admirer sans « cérémonie ». Tant mieux, le calme du musée leur sied bien

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