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La Voulte sur Rhône, un coin d ‘Ardèche surprenant
Au mois de mai tout se met en branle. Nous devons être à saint Laurent du Pape le 15 août, il nous faut un gite et vite. Tu lances tes recherches internet, commences à téléphoner, pas simple, rien avant le 17 et encore, ça dépend de ce qu'on veut. Au fil des échanges et précisions, une chambre d'hôte à Charme sur Rhône reste dispo et toujours à partir du 17. Tu compenseras avec un hôtel, mais finalement tu ne peux vraiment t'installer. Tes valisent ouvertes en vrac te plombent.
Sur la fiche, il y avait marqué repas du soir sur demande. Un tarif, tout baigne. Tu te rappelles que deux ans avant, t'étais venu dans la région, si ta ballade en vélo te ramenait en ville un peu après 13h, les restaus disaient que c'était trop tard. Je ne te parle pas du soir : un seul restau sur les bords du Rhône, à plus de 20 minutes, et impossible d'y manger une simple salade avec une omelette, toujours le menu gastronomique. T'as beau passer 4 ou 5 plombes sur ton vélo, trop bouffer te charge pour le lendemain.
L'accueil a été rapide, faut dire que j'étais arrivé de bonne heure, je me retrouve la clé dans la main, la porte ouverte et zou! Plus personne. Pas grave, je vide l'auto, monte le vélo et hop, vive la montagne ardéchoise. Le soir, je vois notre hôte et demande pour les repas. Aïe ! Trop occupée, pas le temps. La négociation aboutit à 2 repas pour 5 envisagés, en fait, il n'y en aura qu'un, l'autre est rapidement devenu une proposition de pique nique sur les bords du Rhône, à l'occasion de la dégustation de produits régionaux suivie d'une projection de dispos à la salle des fêtes. Finalement un bon moment de détente et de découverte de la Voulte.
Donc ce soir, je te propose ces photos de La Voulte. Trois parties, vers 20 heures, le petit buffet des artisans locaux, puis la nuit après la projection des diapos, enfin, le lendemain sous la pluie, parapluie d'une main, appareil de l'autre.
Bien sur dans les produits régionaux, il y avait le saucisson, mais aussi plein de variétés de pains. Toutes meilleures les unes que les autres. Pourquoi ces pains là, tu ne les trouves que comme ça, à plus de 500 bornes de chez toi ? Il y avait aussi dégustation de produits bio-diététiques qui ont fait le régal des connaisseuses. La petite boutique à Beauchastel, tu passes devant sans te rendre compte. Mais la dégustation aura attiré ta vigilance et tu sauras t'arrêter. Nos hôtes étaient des amis du Président du syndicat, ce qui me permit de profiter de douceurs supplémentaires (tarte aux quetsches, il est nancéen, et vin de terroir).
La nuit s'approche, on est au frais sous les platanes gigantesques, et froouut, tout le monde se disperse, ou plutôt se transporte, avec sa
chaise, vers la salle des fêtes. Quand on arrive plus de deux cents personnes sont installées, il y a un petit brouillard sonore. Un grand gars se lève, se présente, ce sont ses diapos
qu'on va voir, il est installé à Charme sur Rhône, il est meilleur ouvrier de France, a travaillé pour France 3, et a illustré une chanson de Jean Ferrat, « Que la Montagne est
belle ».
Je l'avais oublié Ferrat, et quand la chanson débute, c'est deux cent voix qui chantent, simplement, sans forcer, justes. Une vraie communion ! L'illustration mot à mot est naïve (même si les photos sont très belles), mais la ferveur de tous ces gens qui se reconnaissent dans les images et les mots est touchante. La fin génère un gentil brouhaha. Ranger les chaises n'est qu'une opportunité de poursuivre les petits échanges que la soirée a provoqués. Des adresses, un téléphone pour une autre foi peut-être.
Je suis attiré par l'éclairage du pont et du vieux château, et par la lune sur le Rhône. Tu dirais une sorte de monstre bleu sortant des ténèbres. Jeu cru des lumières, de l'ombre et de l'obscurité.
Pendant le diaporama, j'ai réalisé que cette ville, La Voulte sur Rhône était la ville qui avait été championne de France de rugby avec les frères Camérabéro. Fin des années 60 ? Je ne sais plus...
Le lendemain j'y refais un tour. Ville sans tape à l'œil. Près du château, une grande friche industrielle. L'activité doit plus se trouver aujourd'hui sur l'autre coté de la Vallée du Rhône. Mais que les dimanches et les lundis sont durs pour le touriste mal préparé. Tout est fermé...
A suivre: Pluie de châtaignes.
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