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Château Bijou
D'abord t'es un peu sceptique. Ils ont fait un livre sur le village. Les anciens, les retraités se sont prêtés au jeu de la mémoire, et tranquillement ont tissé les souvenirs, pour leur donner forme.
J'ai pensé, ou plutôt espéré, en découvrant l'ouvrage à cette couverture navajo mise en scène par Tony Hillerman dans son roman : « Le chagrin entre les fils », une autre traduction du titre est « le chagrin tissé ». Cette œuvre, un peu comme la tapisserie de Bayeux, voulait rassembler dans la mémoire tissée ce que des êtres (le peuple navajo) ont de plus précieux, qu'ils veulent sauver et transmettre. Trésor culturel que des générations vont rechercher pour s'en approprier les vertus.
Lisez Tony Hillerman. Je suis certain de ne pas avoir tout lu de ce qui a été publié en France, mais des livres comme « le vent sombre », « femme qui écoute », « les clowns sacrés » restent bien présents dans mon imaginaire. Comment fait-il pour évoquer des « ombres » et qu'elles s'incarnent en toi le lecteur ? Comment son immobilité dans la nuit noire des montagnes glacées du Colorado, anime-t-elle dans ton regard de centaines de personnages hauts en couleur qui transmettent l'essence de leur vie perdue ? Comment acceptes-tu les symboles, les valeurs et même la puissance des esprits, sinon parce que la densité de l'homme lui donne corps et sens ?
Le village nous fait revisiter l'histoire par la lorgnette béarno-basco-aquitaine, et quelques guerres de religion. L'histoire scolaire qui m'a tant ennuyé. Où sont les hommes
qui ont fait ce pays ?
Une femme !
Le livre devient attachant dès qu'on aborde l'histoire de château Bijou et de sa créatrice Mme Combes. Je viens dans ce village depuis 37 ans, et je n'avais jamais mis les pieds dans cette immense propriété, sinon pour les cent premiers mètres de l'entrée principale, en y suivant quelques noces venues y faire des photos.
Dans la mémoire du village, il n'y a que peu de trace sur la personnalité profonde de cette femme, sur son projet de vie quand elle fait construire ce
château avec tant de références culturelles, ce parc où des dizaines d'espèces rares de tout continents ont été implantées et se laissent encore admirer, ces serres où les jardiniers cultivaient
potager et arbres fruitiers. Essentiellement ce sont les aspects « somptuaires » des réalisations qui ont imprégné les imaginations et marquent le souvenir. Mais qui était-elle
réellement ? Ce château, ce parc ne relèvent pas simplement du caprice, même s'il fallait une immense fortune, mais bien du besoin vital, de se recréer un espace de vie, de rêve. Un refuge
?
Quand tu parcours les chemins encombrés de ronces et que ton œil est attiré par des centaines de détail, l'aboutissement de la réflexion sur ce qui devait « être beau », tu comprends que rien n'était là par hasard; l'ensemble devait faire sens : lequel ?
Héritage impossible à porter ! Propriété impossible à entretenir quelle qu'en soit le propriétaire, un incendie a, il y a quelques années, fait prendre au site son style « à l'abandon ». Des panneaux invitent les caravaniers. Du coup j'en ai fait le tour, découvert les trésors minuscules et les dégradations majuscules. Même si « le presbytère n'a rien perdu de son charme »...
Voir aussi: merci pour les chaises
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AUTOUR DE CHATEAU BIJOU
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Carte postale de remerciement de la famille propriétaire de Bijou, à un chaisier de Labastide Villefranche. En 1923. |
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Longue promenade ensoleillée dans le parc du Chateau Bijou. Le charme de la végétation agit. Le temps a structuré l’espace. |
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Première ballade du coté des dégats subis par le château. |
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Anecdote de ta première vision du village avec l’arbre suspendu. |
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Quelques photos prises depuis la tour Sarrasine. Les dégâts des incendie et de la tempête. |
Pourriez-vous m'indiquer les references de l'ouvrages sur Labastide villefranche dont vous faites mention
Bien cordialement
Bruno VIDALINC
Bonsoir,
je ne peux vous donner d'ici, à Paris, les références de cet ouvrage. Le livre est resté là-bas. Mais, je suis repassé cet été, il était encore proposé à la vente, à la boulangerie de Labastide Villefranche. Je n'ai pas non plus le téléphone ici.
Je ne sais si quelqu'un lit les commenataires de ce blog, mais le cas échéant s'il a les références qu'il me les transmette (mes contacts ou commentaires), je ferai suivre de bon coeur.
Merci de cette visite attentionnée sur l'AlblogRJ