Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 16:15

Publié dans : alblogrj

Arboretum ou terre brulée.

Les cicatrices de château Bijou.

 

T’avais déjà vu un incendie, il y a bien longtemps, une grange. Tout d’un coup au village de mon père, la sirène, la cloche, des cris. C’était une fin de soirée de septembre. Tu marches vite, tu suis les autres. Les pompiers du village sont là, le klaxon de ceux de la ville se fait entendre au loin. La grange est perdue, tout le travail de la saison, les outils, les machines. Le capitaine crie "sauver la maison ! "  Et les lances se déplacent pas à pas. Là bas dans un recoin d’ombre que des pleurs, des lamentations. Tu n’y étais jamais repassé, le retour à paris, l’oubli.

 

Comme tu passes devant les ruines de Bijou, t’y repenses. Les voisins te disent que ça va être vendu.

 

- Est-ce que tu veux voir l’intérieur de château bijou ?

- Comment ? Ce serait possible ? Pourquoi pas !

 

Château Bijou, tu n’y étais entré qu’une fois, et seulement pour visiter le parc. Le château était déjà abandonné, l’incendie l’avait défiguré. Les portes du parc avaient été ouvertes aux caravaniers. Si la caravane passe, le promeneur aussi ! C’est comme ça  que tu t’étais retrouvé au milieu de ce qui avait été effectivement un « arboretum ». Quand tu étais repassé au mois de juin, les dégâts de la tempête cumulés à l’abandon avaient « achevé » le site.

 

Ce matin des tracteurs s’agitent. Il y a un repreneur ! On refait le décor végétal à grands coups de débroussailleuses (les ronces dépassaient les deux mètres). Tu te faufiles. La voisine qui connaissait bien le château et son parc te guide et t’aide à éviter les pièges laissés par l’incendie. Quand tu t’étais promené dans le parc deux ans plus tôt, le petit coup d’œil par les fenêtres ne t’avait pas permis d’imaginer l’ampleur des dégâts. Des familles habitaient encore là, et les bâtiments n’étaient pas accessibles. Mais étaient-ils détériorés  autant que ce que tu constates ce soir là ? La voisine t’explique les décorations, hauts-reliefs, cheminées, décors de fontaines qui ont maintenant disparus. En regardant tes photos tu reconnais bien les excavations dans les plafonds qui ont accompagné l’enlèvement des cheminées monumentales. T’avais repéré toutes ces cloisons où ne subsistaient que les ferrures de fixation des hauts reliefs, eux aussi enlevés. Tu n’as pas le sentiment de désolation qu’elle exprime. S’agissant d’un patrimoine privé, ça ne regarde que le propriétaire. Mais tu ressens bien cette sensation de « terre brulée » où tout ce qui pouvait être arraché au site l’a été.

 

Tu tombes sur cette coupure de journal, et sur une affichette de 2009 vantant la route des Bastides; elles  invitent le touriste à visiter « l’ arboretum » de château Bijou ! Les rédacteurs n’ont pas mis les pieds à Bijou depuis longtemps ! Quelle tromperie ! Un de mes potes rallait que sur internet les recherches ramenaient souvent n’importe quoi. Là, t’as pas cherché, c’est déposé dans ta boite à lettres.

 

 

T’es simplement étonné qu’un ouvrage privé, plus ou moins laissé à l’abandon par ses derniers propriétaires, fasse l’objet d’un classement par les monuments historiques. Un bulletin municipal fait comprendre que toute les obligations légales de ces derniers, n’auraient pas été respectées. Spectateur intermittent du lieu, tout le monde t’assure que ça ne coutera pas un sous aux diverses collectivités. N’aurait plus manqué que ça !

 

 

Je t’ai déjà dit que ça m’intéressait de  comprendre le vrai projet de cette madame Combes, qui il y a si longtemps avait investit cet espace. Des érudits t’expliquent que c’était juste un moyen d’afficher sa richesse en construisant une sorte de palais d’été, pour des loisirs et des festivités estivaux. Qui le sait vraiment ? Les héritiers auraient simplement été heureux que le château et ses embellissements n’aient pas dégénéré en ruine familiale. Va pour le caprice… Pourtant, le parc, le château, les décorations impliquent un gout, une culture, un véritable intérêt pour les végétaux d’exception. T’es trop rationnel pour accepter l’explication du caprice dispendieux.

 

Ton sentiment est que ce petit « Versailles », n’existe plus que comme un souvenir nostalgique.  Le temps passe et efface  les dernières images  d’un luxe désuet et d’un arboretum fané.

 

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AUTOUR DE CHATEAU BIJOU

 

Merci pour les sièges.

Carte postale de remerciement de la famille propriétaire de Bijou,  à un chaisier de Labastide Villefranche. En 1923.

  chateau bijou - le parc

Château Bijou.

Longue promenade ensoleillée dans le parc du Chateau Bijou. Le charme de la végétation agit. Le temps a structuré l’espace.

bijou-terre-de-feu-10.jpg

Arboretum ou terre brulée.

Première ballade du coté des dégats subis par le château.

tempete-sur-chateau-bijou-01.jpg

Tempête sur château Bijou.

Anecdote de ta première vision du village avec l’arbre suspendu.

les-hauts-de-chateau-bijou-13.jpg

Les hauts de Château bijou.

Quelques photos prises depuis la tour Sarrasine. Les dégâts des incendie et de la tempête.

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