Partager l'article ! la fée Yoeve: Yoeve, Yoeve ma bonne fée ! Ce matin je suis reparti, il faisait froid. Les taggers avaient-ils s ...
Ce matin je suis reparti, il faisait froid. Les taggers avaient-ils sévit ? Qui de cette cabane ou des artistes me faisaient pédaler si vite ? J’arrive. Bien sur c’est le désert. Le vent glacial balaye l’eau et les berges. La cabane est intacte, mais mon cœur en chamade demande du repos. Sans être folichonne, l’herbe est froide mais souple, je peux m’y abandonner un peu.
Dans ma précipitation, l’autre jour je n’avais pas vu le petit mur. La musette en cuir, je la reconnais de suite. Malgré le coup de pompe de ce froid matinal, hésitant, je me lève tend la main et lentement la décroche. J’ouvre la boucle et soulève le rabat. Je les retrouve!
Les trois boites en fer sont la : une pour les plombs, une pour les vers et la dernière les porte-bois. Je
bataille pour faire glisser le couvercle de la grande ovale en fer blanc. Tout y est, la pince à plombs pour les serrer, la pince à clips d’infirmière pour les tenir, et les
petites boites pour chaque taille de plomb.
Au fond dans un chiffon roulé, il y a les lignes et le couteau, dans la petite poche sur le côté les médicaments pour le cœur, enfin je retrouve la machine à rouler les cigarettes. Il y en a quatre toutes fripées qui attendent d'être fumées. Le tabac gris sent un peu fort, enfermé comme un trésor.
Alors mon grand tu te souviens ? Tu vois, j’avais tout bien rangé. Mais tout ça est oublié. Trouver les vers, plomber la ligne, choisir le coin et patienter. Parce que les truites faut leur parler ! Tendre la ligne sous les saules. Mais toi ! Bien trop pressé, tu emmêles tout !
- Dis-moi, pépé, la cabane ?
C’est une fée qui t’accueille. Elle n’attend que toi. Sans impatience de ton retour. Son regard te rend léger, il rallume tes yeux éteints, sa main fraîche sur ton front efface la fatigue du jour. C’est le plaisir de rentrer, celui d’être attendu, accueilli. Je reste assis près du pont, je ne suis pas pressé, juste la regarder.
Toutes les fées sont éphémères. L’accueil est un passage. Elle, sans un mot, d’un pas d’esquive, libère la porte. Attrapé par les odeurs, du parfum ou bien des fleurs, tu te sens flotter dans un rêve. Le sourire est là qui t’invite. Mais la porte refermée, que reste-il de la fée ?
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