Partager l'article ! A la recherche de la vache noire, le long de la Bidouze.: Cette Bidouze ! t'en aura fait de kilomètres à rêver sur ta b ...
Cette Bidouze ! t'en aura fait de kilomètres à rêver sur ta bécane !
Tu ne vas pas casser l'ambiance avec ton histoire de vélo. C'est bientôt les vacances, tourne la page et va plutôt tester quelques bons rouleaux à Capbreton.
C'est vrai que c'est salaud de t'avoir fauché la bécane, mais merde, c'est rien qu'un vélo.
T'as raison, mais avec elle, j'avais pris plaisir à me perdre dans les bois, à trouver le petit chemin que le temps avait préservé. Tu sais, on se parlait. Tiens dans cette toute dernière balade le long de la Bidouze en avril. Quand tu viens de Viellenave et que tu veux monter vers Bentaberry, juste avant d'arriver aux quelques maison en haut, il y a une bonne cote. Ton VTT rouge, il a son rythme, il a besoin de se sentir soutenu pour garder l'allure, et quand tu es trop distrait par le paysage, il te rappelle à l'ordre par une petite glissade dans une ornière ou en tapant dur dans un gros cailloux. Ce jour là, on avait convenu de rouler souple et de s'empoigner la cote en gardant du couple et avec une vitesse de rotation assez rapide, mais sans forcer. Un petit peu avant on teste le dérailleur, les vitesses passent même en tirant sur la chaîne.
Tu voulais repasser pour les photos de vaches noires que t'avais vu courir la veille. Et puis ta vieille carte de rando indique que depuis là haut, il y un chemin de terre qui rejoint Came, vers le pont, en suivant la rive gauche de la Bidouze.
T'en fais des histoires pour des vaches !
D'accord, mais les voisins ne te parlent que de leurs blondes d'aquitaine. T'es surpris quand tu passes là, de voir ces vaches courir dans des immenses pâtures. T'avais jamais vu !
Le GPS sur le guidon te donne la pente et ta vitesse. 3% ,10 km/h, ça va. Quand la pente change, tu joues du dérailleur, ça suit : 10%, 5 km/h. Tu penses y arriver quand tu tapes dans le mur 18%. Debout sur les pédales tu secoues ta bécane, encore une couronne, tu forces un peu, la roue dérape dans le sable, ton pied tombe par terre. T'es mort. Le cœur est devenu fou...Péniblement tu te relances à pied et la cote finie tu reprends ta course tranquille.
En haut tu guettes le chemin. Disparu. Encore un coup des remembrements. Emporté par l'élan tu descendras en suivant les vaches jusqu'à la ferme. Sur le retour, tu chercheras encore le passage vers Came. Inutile. Un petit coup de départementale et tu basculeras vers la berge. Un moulin bien caché que tu n'imaginais pas. En plus complètement dissimulé par la végétation. C'est le bruit de l'eau au barrage qui t'a guidé.
Voilà le vieux VTTiste bien triste sans « sa rousse » avec laquelle il avait parcouru tant de chemins vers la Bidouze !
Va falloir s'inventer un nouveau rêve...
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