Partager l'article ! Dacruz repeint la CPCU.: Promenade avec Dacruz le long des murs de la CPCU en cours de démolition. ...
Promenade avec Dacruz
le long des murs de la CPCU en cours de démolition.
Quand nous passons sous les fenêtres de l'appartement décoré par Dacruz et ses amis, il nous explique: J'étais de l'autre coté de la rue, il nous voit, il nous donne deux bidons de peinture de 15 litres. Ça te permet de poser une couche d'impression et d'économiser de la bombe. Parce que pour peindre il faut se débrouiller, on récupère du matériel, ou on en achète. Ce mur là, il ne paraît pas, mais il fait dix mètres, alors il faut des échelles et les bidons, ça pèse lourd. Alors lui, il entrepose le matériel, on le prend quand on travaille.
Mais c'est notre plaisir, on doit être moteur. En huit ans, c'est des milliers de personnes qui s'arrêtent qui discutent. Bien sur au premier degré, on peu trouver çà un peu naïf, mais quand on veut toucher tout le monde, il y a un coté mondialiste. Cela permet une lecture à plusieurs niveaux.
Les institutions suivent la tendance. Il faut vulgariser, aller vers les gens. Être contemporain c'est aller vers les autres. Depuis vingt ans, notre quartier avec les travaux subit une vraie violence. On va aller vers l'immeuble où je suis né, il y en avait deux pareils, il n'en reste qu'un. Ils ne font que « renvoyer » les gens, ils les relogent ailleurs, et puis ils ferment tout, bientôt il y a plus de parpaing que d'habitants. J'avais commencé à peindre chez moi, puis j'ai débordé dans la cour, puis le hall...
En nous indiquant la vieille voie ferrée de la Petite Ceinture, il se souvient de la vieille dame : Elle avait vu des trains passés là, plein de soldat allemands. Moi aussi, j'ai vu le train passer, il n'y en a plus. Il y a là pour les gens du quartier la nécessité de la transmission, de ne pas briser la chaîne.
J'ai commencé ici, c'était le seul mur en béton brut. Plus loin il y avait des carreaux de faïence. On a commencé de nuit, puis j'ai peint le jour. Tu vois, un gars avec un gros bidon de peinture, un rouleau, qui s'installe, personne n'y fait attention, il peut faire ce qu'il veut. Mais si tu commences à secouer ta bombe, tout le monde te regarde de travers. Les gens sont outrés.
Ce mur, je l'ai peint trois fois. La première fois il a duré trois semaines, puis les services de la ville l'ont repeint en gris. Alors j'ai recommencé avec plus de couleur. De jour. Ils m'ont laissé finir, au bout de deux mois ils ont effacé. J'ai recommencé, ça finit avec la police : j'explique que c'est sur un mur de béton brut que ça ne fait pas de dégradation. On n'est pas là pour détruire, mais pour ambiancer.
C'est comme ça que ces visuels sont devenus une signature du quartier.
|
Dacruz et l'Origine du Graffiti en France. |
|
Dacruz quai de l'Oise |
|
Du bassin de la Villette au canal de l'Ourcq,
les chantiers refont ton paysage. |
Commentaires