Partager l'article ! Fleurs de Galliane: Derniers rayons de soleil, derniers jours, restent les fleurs ! Tout d’un coup le temps s’accélère. ...
Derniers rayons de soleil, derniers jours, restent les fleurs !
Tout d’un coup le temps s’accélère. Tu savais, vendredi tu t’en
retournes. Pourtant tu ne l’as pas vu venir.
- Quoi ? C’est déjà toi, t’es déjà là ? On n’avait pas dit vendredi ?
- Je suis vendredi !
- J’suis pas prêt !
- Quand même, c’est pas la mort ! Tu pourrais te préparer à temps !
- Partir, c’est …
Comment te préparer à partir ?
Comment quitter le soleil ?
Comment quitter les couleurs ?
Et dans cette façon de trier les bagages avant de faire les valises, je prends, je laisse, je jette… Il y a comme une sanction : les bons souvenirs, tu prends. Les rêves esquissés tu laisses, tu tâcheras de les revivre la prochaine fois. Les frustrations de ce que tu sais maintenant que tu ne feras plus, tu jettes.
La valise, le sac accentuent les discriminations, la sélection est impitoyable : cette frontière du possible et désormais des premiers petits renoncements te fait tourner en rond. Si ! Si tu te prépares bien, si t’as pas de bobo, si tu t’organises autrement ? T’essayes de sauver la face ? Tu t’efforces à remettre cette envie dans tes bagages, mais elle ne rentre plus…Tu discutes, mais c’est bien fini, tout te décourage, tu jettes…
Dans le coffre à gueule de caïman tu comprimes le VTT. Pas de grands tours ces derniers jours. Des petites choses de la vie quotidienne, les petits au-revoir avec les voisins ont rythmé le compte à rebours, et tu n’es pas prêt.
Tous les jours tu imaginais une ballade, mais un coup la pluie, un coup le dos, rien ne s’enchainait ! Va pour les petits tours qui profitent de l’éclaircie. Mais tourner en rond à raz de terre, décalquant ta route sur l’ombre des cercles des vautours n’est pas jubilatoire. Pourtant, d’abord retrouver la force…
Quand tu traverses les bois, les couleurs d’automne sont là. T’as juste laissé l’appareil au repos, dans ton sac à dos il pesait trop. Le grand sac où tu ranges ton fourbi était bouclé quand le copain te demande, toutes affaires cessantes d’aller avec lui à Bellevue, il veut te faire voir une ferme, et si tu peux luire faire quelques images. Alors tu laisses ton coffre-caïman bailler et tu montes dans la camionnette, après avoir vidé le sac.
Quand tu rentres, les fleurs pour le cimetière sont encore là. Elles taquinent les plantes enracinées que les premiers froids font roussir. Il n’y a pas longtemps qu’elles ne tètent plus le tuyau sous la serre, mais elles s’habillent de couleurs chaleureuses et vivantes. C’est leur temps, elles s’exposent. Elles ne savent pas que le gel les aura. Dernières photos avant de ranger, pour de bon. Ce dernier soleil te colle dans le fauteuil, la tête en l’air, derniers vols. Sûr! Demain tu ne seras pas prêt…
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