Socoa. Le pèlerinage.
Petit dimanche nostalgique à Socoa.
Quand tu reviens là, tu ne peux t’empêcher de penser à quelques souvenirs, 89, 99. ces deux années là, tu avais installé tes parents dans une de ses locations saisonnières qui bordent l’Untxin. Cela ne s’alignait pas comme aujourd’hui sur des dizaines de Km. Ça restait un accueil à visage humain. Trois commerçants, parfois un peu débordé, et tu pouvais encore respirer quand tu marchais sur la route de la baie, jusqu’à st Jean. C’est fini. Il n’existe plus qu’un gigantesque bouchon où les clims consomment plus de gazole que le moteur…
Ces deux fois là, ton père était en convalescence, après des opérations traumatisantes. La première fois il s’est baigné, a joué au volley dans la mer avec tes enfants. Vous avez nagé de concert jusqu’au ponton. Une sorte de résurrection, où tu pensais que la joie pouvait renaitre. En tous cas, pour la gourmandise, il y a eu un déclic. Tout a redémarré. Les fruits de mer, les confits, les paëlla. Oublié les plats cartonnés de l’hôpital.
La dernière fois la souffrance était trop dure pour que le plaisir se renouvelle. La bousculade de la place Louis XIV pour les toros de fuegos, devint d’un coup un supplice. Du bout de sa cane il essayait de se faire un passage, mais la douleur épuisait son bonheur de profiter de la fête.
T’avais pris une sorte d’abonnement avec tes enfants. Alors les vacances ? Qu’est-ce qu’on fait ? Nous, on va à Socoa ! Ça s’est répété une petite dizaine de fois, jusqu’à ce que d’autres espaces les attirent. Les repères pris, l’autonomie de chacun avait rendu ces séjours détendants. Puis l’augmentation de la fréquentation avait conduit à un divorce inévitable. Que de monde !
Ce mois d’octobre, il y a encore du monde sur le port. Bien sur les plages sont quasiment vides. Mais pour ceux qui aiment la mer, et qui peuvent se l’offrir, à l’évidence le plaisir est toujours là. Moins de foule t’aide à retrouver tes sensations. T’aime toujours ce coin.
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