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Photos RJ

Mercredi 11 juin 2008

Voies d'eau - le bout du tunnel ou la tour de Babel?

 

Non je ne vais pas te faire passer sous les tunnels du canal de la Villette, bien que ...faudra que j'y retourne ! Mais les photos, c'est comme dans le métro un jour de panne EDF : « noir c'est noir ! Il te reste l'espoir ! »

Je te rappelle une fois encore, que ça fait vingt quatre ans que j'ai de l'eau chez moi. C'est tellement de notoriété publique que mon séjour est une piscine, qu'une voisine m'appelle ce matin : «  J'ai fait venir un expert ; j'ai des infiltrations dans ma chambre à coucher, est-ce que ça ne viendrait pas de votre séjour qui déborde ? » T'imagines, mon séjour au 10éme qui se déverse dans la chambre de la brave dame du deuxième étage. Bonjour la cataracte ! Tu vois, à force de te plaindre et d'essayer d'expliquer, t'en as juste rajouté à  ta mauvaise réputation !


Je t'ai parlé de ces deux ouvriers portugais, qui avaient sonné à ma porte pour l'étanchéité de la façade.(Sur les toits de Paris). En une journée ils abattent un boulot monstre. L'ancien crépi est arraché, offrant le triste spectacle des cicatrices d'un mur qui en a trop  vu, nourri dès son plus jeune âge au ciment 0%, son vieux squelette de fer à béton, jaillit comme un moignon après un carnage. Le crépi de façade tenait tout. Dès lors qu'il perd sa peau tu penses qu'il ne restera que du sable !

Tu fais le point le soir, c'était un vendredi : « on revient lundi pas de problème, retirez l'échelle pour le week-end, et remettez-la lundi. »


Il y avait plus d'un mois que tu avais fait déposer tes volets, pour qu'ils puissent refaire la façade. T'avais négocié çà difficilement, avec l'entreprise qui te les avait vendus et installés : « nous, on n'y est pour rien, notre travail est bien fait, si on dépose les volets on n'est pas sur de pouvoir les remonter, on n'est pas responsable, signez une décharge, voilà notre devis. » Presque le prix du neuf ! Donc au mois d'avril on appelle, le technicien envoyé est tout jeune, il te dira plus tard qu'il à 25 ans. Effaçant son épaule, il fait glisser la courroie d'une énorme sacoche qu'il porte en bandoulière, quand elle heurte le parquet  tu sursautes, moins par le bruit que par les vibrations projetées. Là tu te dis qu'il y a un trou sous l'impact et que ça risque de vidanger tes fuites d'un coup. T'es près à crier « timber » pour te dédouaner, s'il y a un noyé.

 Le gars est costaud, plus d'un mètre quatre vingt, « des biceps plein les manches ».  Il manie le cutter comme un Samouraï son sabre.  Et là, c'est la mise à mort ! Un combat impitoyable ! Les joints de silicone tombent un à un sur le rebord des fenêtres, comme des spaghettis trop cuits. Il frappe de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite, il casse les lames, change les lames, serre les lames, et abat tous les joints. D'un simple coup de pouce la lame se rentre et le couteau est dans la poche. Tu te dis que c'est le moment : « voulez-vous un café ?  - Non ! Pas le temps ! » Il plonge  dans la sacoche et sort son six coups : énorme visseuse - dévisseuse sur batterie. Les premières vis ne résistent pas et tombent au fur et à mesure de la bataille. Mais la vieille garde toute rouillée ne se rend pas, et les têtes tombent sous les coups rageurs de la dévisseuse aveugle. Alors il agite les coulisses, dégage les corps des vis guillotinées et les massacre à coup de burin. Puis il fait basculer tranquillement le volet suspendu au bout des coulisses et le dépose sur le balcon. D'un geste sec il dégage les coulisse, comme un laborantin sectionne les cuisses d'une grenouille, les allonge près du corps du volet et recouvre le tout, d'un linceul en sac à gravas. Dix minutes pour finir et il est parti, sa  besace de 50 kg en bandoulière qui voltige d'une cloison à l'autre, balancée par sa course de repli. Il n'a rien d'un St Nicolas, pressé dans ses visites, non  c'est le dernier cri des menuisiers polonais, façon « terminator »,  exécuteur des petits et grands services. Quand il reviendra reposer les volets, il boira un verre d'eau.


Conforté par toutes ces bonnes volontés, tu te dis que ta maison va sécher, et qu'il est temps de refaire les peintures intérieures, murs et plafond. Jusque là, c'est toi qui as toujours fait. Pas toujours de façon irréprochable, mais c'était propre, sans trop de dégâts collatéraux. Là, vu les crevasses en haut et les boursouflures en bas, tu te dis, que si c'est toi qui redresses la surface, les montres molles de Dali paraitront vertigineusement rectilignes. Tu fais une enquête de voisinage : « connaissez-vous un peintre, soigneux, efficace, de confiance ? » Le bouche à oreille te ramène un nom, un téléphone. Tu n'es pas sur ? Mais si voyons ! C'est lui qui a refait la cage d'escalier. T'appelles, il vient un dimanche. T'es honteux d'avoir dérangé un gars pendant son repos dominical, tu lui dis ce que tu as besoin. Il ne prend pas de notes, regarde tes murs, ton plafond. Il ne dit rien, sinon « oui...oui ».

-         « Vous pouvez le faire ?

-          Oui ! Oui.

-          C'est que je ne voudrais pas avoir besoin de vider et démonter tous les meubles, j'ai plus de place !

-         Oui ! Ça va aller. Je mettrai des protections.. Qui a fait ça ?

-         C'est moi ! Il y très longtemps ; au début c'était juste pour faire propre rapidement, puis c'est resté, maintenant on veut refaire.

-         C'est raté et c'est pas beau, on ne fait pas comme ça, il y a des techniques !

-         D'accord ! Pouvez vous m'adresser un devis ?

-         Vous l'aurez lundi. »


Lundi, mardi, mercredi passent. Pas de nouvelles. T'oses pas déranger ce seigneur des pinceaux, mais quand même, devant les boites aux lettres, tu en parles à ce voisin qui te l'a recommandé.

-         Ah ! Ben il est chez moi !

-         C'est samedi ?

-         Il fait des « extras » !

-         Je peux monter ?

-          

-         Bonjour, vous m'avez oublié ?

-         Non ! C'est le fils, il est jeune, quand je rentre, il joue avec le téléphone, il a effacé tous les numéros.

-          ?

-         Mais, le devis, le planning ?

-         Tout va bien, j'en ai pour trois quatre jours, redonne-moi ton téléphone.


Le lendemain dimanche tu reçois le devis et début des travaux le mercredi 21. Tout baigne. Tu auras un peintre marocain.


Ca baigne tellement qu'il pleut comme jamais. Sans volets, sans étanchéité, les bourrasques te font relever la nuit, t'as pas besoin de baguette de sourcier, l'eau est là, tu la sens partout sous tes pieds et même dans l'air que tu respires. Au petit matin tu cherches à joindre tes jeunes artistes portugais. T'avais enregistré un numéro, mais tu ne sais pas... Tous les jours pendant une semaine tu mets l'échelle le matin et tu l'enlèves le soir. Que faire ? T'as plein de choses qui s'impatientent, mais s'ils viennent et que tu n'es pas là ? Tu renvoies des messages sur répondeur à la société, et un jour cet appel :

-         Il pleut! on ne peut pas travailler

-         Oui, mais il pleut, et je n'ai plus d'étanchéité

-         Si on travaille, on va tout abimer, car c'est des produits à l'eau !


Tu mets la main sur les murs humides  et tu angoisses que  le peintre puisse lâcher.  Bon c'est demain.

Rien !

Téléphone : rien de rien...

Encore une journée gâchée par la pluie et cette attente...

T'as usé ton forfait à courir après les fantômes, tu sors, et bingo, qui fume sa cloppe à l'entrée de l'immeuble ? Ton peintre marocain !

-         Mais je vous attends depuis deux jours ! Je cherche à vous joindre ! Impossible !

-         Attends, je travaille la semaine, je fais des extras en fin de semaines. Donc je suis chez toi samedi. Aujourd'hui je refais un mur de l'escalier A,  à cause de la fuite chez madame M.

-         Mais je vous ai appelé dix fois, mis trois SMS, pourquoi vous ne m'avez pas répondu ?

-         On m'a volé mon téléphone...


Puis tout d'un coup en une semaine tout va se bousculer, les maçons portugais refont la façade en une matinée. Ton mur est repeint à neuf par ton peintre marocain et un gars de son village. Et quand le terminator polonais vient pour te réinstaller les volets tu frémis: dans le même mouvement il ballade sa besace de 50 kg et une immense poubelle noire qui lui sert de caisse à outils pour les trucs encombrants.  Ça vole partout : ta façade neuve, tes murs neufs ça craint...

Tout baigne. Sauf la peinture qui cloque déjà...

Combien de jours de serpillères et combiens de filtres d'aspirateurs ? On ne compte plus !


Là, tu comprends pourquoi on a foiré la tour de Babel, chacun travaille dans son coin et avec ses règles. Qu'est ce qu'un Dieu aurait pu faire de plus que moi ?




 

par albumrj publié dans : alblogrj
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Dimanche 25 mai 2008
Sur les toits de Paris.

Fait pas beau... Hier ils sont venus, sonnant à ma porte sans préavis ! On vient boucher les trous ! Vingt quatre ans qu'il pleut ! Non, c'est pas le déluge ! Non ! Ça fait vingt quatre ans que je me plains de l'eau qui rentre chez moi, par le plafond, par les murs...Une dernière prise de bec avec le syndic, puis tu fais un courrier. Sans intention particulière, sinon laisser sécher tes parapluies d'intérieur. Dernière bataille tant que tu te sens la force de la mener. A l'assemblée générale, les voisins t'expliquent que cet appart, ils l'avaient visité pendant les nombreuses années où il était inoccupé, mais que non ! décidemment, ils ne pourraient rien en faire, il y avait trop d'eau ! Quand ils t'entendent te plaindre, une année de plus, ça les énerve. « Mais vous le saviez que c'était mouillé, alors ne venez pas nous embêter avec ça ». Surpris, tu expliques que tu en es à un dégât des eaux par an, et que les assurances se lassent !

« D'où elle vient cette eau ?
- Ben, du plafond...
- Où ça ?
- Ben, sous le vase d'expansion..
- Quoi, vous nous enquiquinez avec ça ? Vos prédécesseurs avaient simplement installé un bac à fleurs sous la fuite. Vous êtes vraiment, compliqué, vous faites des histoires pour rien. Si vous n'aimez pas l'eau, faut pas vous installer au dernier étage !!! »
Depuis des mois, les visites, les experts, les devis, puis un courrier qui te dit : « untel a été retenu, téléphone---, voir avec lui »
Premier appel, répondeur, puis un vendredi soir vers vingt et une heures, un appel. » Je suis mandaté par la société « untel », il paraît que vous avez de l'eau, je viens demain à huit heures »
Ce samedi matin tu accueilles, cet homme. Il a un quart d'heure, une feuille de travaux, mais non, il n'aime pas la lire, il préfère comprendre par lui-même. Pourquoi on a besoin de lui? Tu penses expliquer...Ah ! Mais les fenêtres sont neuves ! Oh ! la ! La ! Mais ils n'ont pas mis de goutte d'eau ! Et le joint plié sous la fenêtre c'était bien le modèle « machin » ?
- Monsieur, ça coule du plafond, ça suinte des murs depuis 24 ans, j'ai mis les fenêtres par désespoir, pour faire quelque chose, pour espérer que ça soit propre, enfin !
- Oh ! La ! La ! Vous n'auriez jamais du, ça complique tout ! Nous, on va venir avec un gros karcher pour décaper, alors vos fenêtres, hein ! Et puis nous, on refait les appuis, mais l'étanchéité ils n'auraient pas du la faire avant qu'on passe ! Nous, on décape, on repeint, mais l'étanchéité, il faudra qu'ils reviennent, c'est pas nous !
- Mais en quoi l'étanchéité des fenêtres ça complique les choses ?
- Vous vous rendez pas compte, c'est tout neuf et nous faut qu'on arrache tout, pour passer dessous !

Ton dos s'avachit d'un coup, tu regardes ton épouse, complètement désorienté, que dire ? « Quand commencez-vous ? »
« Oh ! La ! La ! Avec les ponts, les entreprises sont fermées, elles prennent pas les commandes, elles livrent pas ! »
« D'abord faut que je vérifie tout ! Où est mon cahier ? Zut mon crayon n'a plus de mine - tenez en voilà un - c'est pas simple ! Décidemment, non, ça peut pas se faire comme ça, nous, on ira jamais là! Faut que je prenne des photos ! Zut ! J'ai laissé l'appareil dans la voiture ! Pourvu que je l'ai fermée à clé, parce que dans votre quartier ça craint ! »

Fin de l'acte et de la pièce ! Il reviendra fera des gesticulations, des photos, des mesures, puis disparaitra. Il devient d'un coup un zombie au téléphone : tu laisses un message pour savoir quand les travaux débutent, tu renouvelles l'appel, toujours sur messagerie : ai-je le bon numéro ? Tu appelles la société nommée sur l'ordre des travaux: oui, c'est nous, mais c'est M. A qui s'en occupe. Non ! On ne peut pas le joindre, il est sur un chantier. - Mais son portable ? - Avec des gens comme, vous il est bien obligé de le couper !

Donc, vendredi matin, un peu avant huit heures, je prends mon pain au boulanger. Deux jeunes, je dirais probablement portugais sont là, ils font provision de viennoiseries, hésitent entre les choix. J'attends. Mon café est chaud, mon pain est frais, téléphone puis interphone, c'est nous, on est envoyé par Mr A...Quand tu ouvres, c'est les jeunes vus chez le boulanger.

Le syndic t'avait donné la clé, tu donnes l'accès à la terrasse, et c'est toujours un émerveillement que de se retrouver sur le toit de Paris

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Lundi 31 décembre 2007
bonne-ann--e-2008.jpg
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Vendredi 16 novembre 2007
Les plans et maquettes de Léonard de Vinci
Exposition du Château de Camou

Le petit garçon a repéré la boite sous le sapin de la salle à manger. On l’appelle « le grand », alors il ne doit pas se précipiter. Bientôt, c’est la ruée, ceux qui ne savent pas lire crient c’est pour moi ! Non, c’est à ton frère ! Et moi ? Et moi ?

16-treuil-r--versible-3-vitesses.jpgQuand il empoigne la boite, il n’est pas sur d’à quoi s’attendre ? Il la secoue un peu, là, il commence à y croire. Que ce mois de décembre avait été long et dur ! Quand il rentrait de l’école, il faisait nuit, et souvent froid. Il fallait qu’il aille vite, car les culottes courtes lui coupaient le sang. Pourtant sa maman lui avait tricoté de super chaussettes qui montaient sous le genou, mais en courant le long de la rue, elles descendaient doucement. Il les tirait d’une main, sans s’arrêter, en sautillant.

D’habitude il rentre avec Jacques, ils font de grandes parties de billes ou de calots. La rue Laugier lui a toujours fait peur. Il ne sait pas pourquoi, mais il a peur. Il est peut être simplement impressionné par les immeubles austères, les vitrines sans éclat sauf celle où il y a les grosses voitures ; il ne sait pas que ce sont des « américaines ».

L’autre dimanche ils ont joué tous les deux chez Jacques, il avait son train électrique dans sa chambre. Et quand sa maman disait « à table » ! Il le poussait doucement sous son lit. Lui, disait au revoir, embrassait la maman, courrait jusque chez lui, où la table était mise.

Vers le début décembre, le boulevard changeait. Il y avait des lumières. A côté du marchand de jouets, il y avait des disques de musique. Il y rentrerait un jour, presque dix ans plus tard, puis le magasin disparaîtrait en même temps que la Fnac de l’avenue de Wagram ouvrirait.

Son papa avait deux disques. Un de Franck Pourcel avec des violons, un d’Alexander avec l’accordéon. On les mettait parfois quand il y avait de la visite, surtout la tante de Boulogne.

La vitrine qui le fascinait, c’était celle du marchand de jouets. Il y avait un grand espace avec de fausses collines, des tunnels, une gare et un passage à niveau. Deux petits trains miniatures circulaient, se croisaient, s’arrêtaient à la gare. Le passage à niveau se baissait et un feu rouge s’allumait. Des fois sur l’aiguillage, il pensait bien que les trains allaient se tamponner. Mais non la locomotive BB s’arrêtait et la machine à vapeur passait. C’était toujours comme ça. Il ne comprendrait jamais comment c’était possible. Il n’aura jamais de train électrique. Il y avait déja renoncé.

Il avait regardé longtemps la grande grue mécano. Avec son moteur électrique. Elle montait inlassablement son tas de blocs, puis les redescendait. De temps en temps elle tournait sur elle-même. Il ne s’y attendait pas. Il restait là un bon quart d’heure, le front collé contre la vitrine, le nez écrasé soufflant sa buée sur le carreau. Quand il rentrait sa maman lui disait : « tu as été long, tu as traîné où ? On était avec Jacques… »

Il n’était pas rentré dans la boutique des jouets. Il avait peur. Que dire ? Il n’avait pas de sous. Peut-être qu’on l’aurait pris pour un voleur ? Il y avait derrière une boite marquée numéro huit. Elle était grande, et il y avait la photo de la grue.

Quand il déchire le papier il reconnaît sa boite ! C’est compliqué, il n’y a que lui qui saurait la monter, il montrerait à Jacques, il était fort…

Voilà, c’est un peu avec ces souvenirs confits que le vieux bonhomme cinquante cinq ans après regarderait les maquettes qu’il découvre au château de Camou. L’homme qui les présente explique qu’elles sont inspirées par ce qu’il a vu ou lu des dessins de Léonard de Vinci. En arrière, sa femme et une amie commencent à se barber sérieusement, alors que lui continue de questionner l’homme et de s’extasier devant les réductions en bois de crémaillères, pignons, roues dentées, arbres à came et j’en passe. Ah ! comment convertir un mouvement de rotation en mouvement alternatif ? et puis le treuil à trois vitesses et puis et puis…

 


Ben oui, mon mécano numéro huit a laissé des traces. J’ai encore une boite en fer blanc de vieux cachets (des calmine), où il y a les petits écrous en laiton jaune et la chaîne qui reliait le moteur au treuil de ma grue.

Je ne te mets pas toutes les images, d’abord parce que je ne suis pas sur que notre guide serait content de se voir, et aussi pour ne pas te lasser.

Mais voilà une heure qui m’a fait du bien, en visitant les maquettes du château de Camou.

Lire aussi: rue Laugier - la giffle de Monsieur D.



par albumrj publié dans : alblogrj
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Mercredi 3 octobre 2007
Toul

Pourquoi je te parle de Toul ? Parce que j’y suis passé, il n’y a pas longtemps, et qu’aujourd’hui ça fait la une des journaux avec l’usine Michelin.

Comment je me suis retrouvé là cet été ? C’est une longue histoire. On arrive un samedi en début d’après midi, on y trouve un hôtel sur la place principale avec un accueil carte bleue ; puis l’envie d’un petit casse-dalle !

Trois bistrots sur la place. Chaque fois la même question : vous avez de quoi nous faire un sandwich ou un petit grignotage ?

-         Non ! Il doit y avoir un boulanger là, à droite. Des fois il ferme, il y en a un plus loin….

Deux aller-retours pas de boulanger, pas de pizzeria ouverte, rien. Le kiosque à journaux nous dit d’aller voir au centre commercial, peut-être là, chez Leclerc ?

Comme on doit rester à Toul, inutile se dit-on de faire un saut à Nancy. Partons à la conquête du centre commercial. Pour moi, « parigot-tête de veau », je n’avais jamais envisagé qu’une ville comme ça, après 14h00 il n’y a rien.

Il est un peu plus de quinze heures quand on arrive au centre commercial. Le parking est quasiment vide. Là un groupe autour d’une caisse de bière, je me gare plus loin.

L’hôtesse Leclerc nous dit qu’il y a une cafétéria, au bout la-bas.

100-6292.jpg

Un bar, quelques tables, des chaises vides, on s’assoit. Derrière le bar une femme au téléphone. La voix s’amplifie, on comprend qu’il y a plein de soucis. D’un mouvement de menton, elle indique qu’elle nous a vus. Elle se retourne et parle à son miroir. Je me demande si je n’aurais pas meilleur temps de filer au rayon charcuterie, de prendre deux tranches de jambon, et de me faire mon sandwich.

Elle raccroche : Vous voulez quoi ? Le cuisinier est parti ! Je ne sais pas si j’ai du pain ! Je vais voir. Bon manifestement il y avait du pain et du jambon. Une petite mousse la dessus et on repart.

Un matin j’ai fait tout le tour de Toul à pied. A peine une heure. J’en ai tiré six photos, pas sept. Pendant ce temps là, ai-je croisé dix personnes ? Pas sur !

La veille à Nancy j’avais bu un kir au gris de Toul. Je suis remonté dans ma caisse et j’ai suivi les flèches des coteaux de Toul. Un quart d’heure après je repartais avec mon carton de « Gris ». Rien à te montrer. Comme si toute la lumière était restée à Nancy.

Peut être que toute la population travaillait chez Michelin. S’ils ferment, ça va faire du monde dans les rues…

 


par albumrj publié dans : alblogrj
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