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Photos RJ

Lundi 19 novembre 2007
Faut que ça danse ! – la fête du dieu Ganesh.

Ah! La bonne journée. Le film de Noémie Lvovsky « Faut que ça danse ! » est un vrai délice de délicatesse, d’imagination pour faire face à la réalité de la vieillesse. Il commence par une introduction où l’actrice Bulle Ogier dans le rôle de la mémé sénile défile lors de la fête du dieu Ganesh.

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Bien sur, je n‘ai pas résisté à vous en coller une couche vidéo camescopée en 2004. Je travaille pour en faire un petit DVD. J’ai au moins 5 sujets de DVD en retard. En annoncer un sixième devient ridicule…Oui, sauf que le film m’a redonné envie..

 

Et puis le film est plus que bon et intéressant, c’est une jouvence ! .

 

Cherche pas le ressort de l’intrigue du côté de Ganesh, mais plutôt de la « Shoa ». Et puis d’abord, il n’y a pas d’intrigue, seulement le regard croisé des membres d’une famille au travers le temps de quelques semaines où tout bascule. Pour le meilleur, pour le pire ? Pour le bonheur !

 

Chapeau à tous ! Une comédie magique, où trois comédiens « hors d’age » comme on dit d’un vieil armagnac te file un regard jeune sur ta hantise de vieillir. Quelle énergie, chez Jean-Pierre Marielle, quel humour un peu glaçant, mais revigorant chez Sabine Azéma, et quelle folie feinte ou réelle dans l’œil de Bulle Ogier.

 

Ces trois la nous en font voir de toutes les couleurs, mais celles d’un feu d’artifice. Ils sont presque irréels tellement ils sont vrais, et nous renvoient à nos parents et maintenant à nous même.

 

Il y a une scène d’accouchement des plus cocasses. J’y ai retrouvé toutes mes peurs. Mon malaise.

 

Valéria Bruni-Tedeschi c’est le positif de chez positif. Dans une vie où elle ne croise que des hors norme, presque des allumés, elle est toujours dans le réel, le concret, et accepte toutes les folies comme signe de bonne santé, s’y insère et remet chacun dans sa vraie vie. Je ne sais plus qui à dit la « Fée Clochette » en parlant de son interprétation. D’ailleurs je ne sais pas si elle joue vraiment ? Je sais bien que c’est elle ma « fée clochette » !

 


 

par albumrj publié dans : ciné
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Mercredi 14 novembre 2007
L’heure zéro. Images de la Pointe du Grouin

C’est assez curieux que les affiches ne mettent pas plus en évidence Danielle Darrieux actrice principale et plus que formidable de présence, d’ingénuité, de malice et de perversité que les quatre de la tête d’affiche.

 

L’heure zéro de Pascal Thomas n’a pas la force d’un thriller comme « Mon petit doigt m’a dit », et est complètement fidèle aux conventions d’Agatha Christie et d’Hercule Poirot.

 

Mais quel régal. Ça m’a fait penser aux desserts que notre maman nous préparait quand nous étions petits, puis devenus grands, nous devions la supplier pour qu’elle en refasse. Ce film est dans la vraie tradition. J’ai repensé à Mort sur le Nil avec un Peter Ustinov au mieux de son cabotinage sucré.

 

Je ne suis pas sur d’avoir lu le polard. Mais, je le redis quel régal sucré. Dans la première scène deux personnages s’imposent : le vieux procureur et le jeune commissaire. On ne comprend pas tout l’enjeu. On croirait jouer aux proverbes…Jacques Sereys (que je suis sur d’avoir vu au théâtre) et François Morel dont je suis sur de n’avoir rien vu …

 
Sur, pas sur … ta mémoire flanche…02-dans-la-baie-du-mont-st-michel.jpg
 

François Morel avec un jeu sobre mais tout au premier degré nous fait entrer dans la mécanique des fausses pistes. Il y a des seconds rôles avec un humour limite british, et presque inquiétant. Leurres ou personnages troubles ?

 

L’histoire fait surgir des ombres dans le quotidien de cette grande maison bourgeoise dominant la mer à Dinar. Le paysage, autant que la maison est lourdingue, est enchanteur. C’est pourquoi j’ai mis quelques images sur la région faites lors de notre court séjour à St Malo, vers Cancale et la pointe du Grouin. Il paraît que l’île Dugesclin fut habitée un temps par Léo Ferré. Je n’en sais rien…

 

J’ai vu pour la première fois au cinéma Laura Smet, dite aussi, la fille de Johnny. Du tempérament. Le rôle la veut chieuse, rouée et garce, elle rend bien. Mais elle joue; elle est loin du naturel de Charlotte Gainsbourg.

 

Ce fut donc un dimanche après midi cool et souriant. Bonne évasion.

 

par albumrj publié dans : ciné
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Jeudi 6 septembre 2007
Cinéma de quartier
"La nuit des tournesols" et "la fille coupée en deux"."

L’été, tu ne lis pas forcément les critiques et tu oublies ta radio le dimanche soir. Du coup à la fin d’une bonne journée de promenade tu regardes les affiches et quelques fois les critiques placardées sur la porte en verre.

Cette semaine, j’ai donc vu deux films noirs mais pas pour la même raison.

L’un vraiment excellent sur bien des points : l’histoire, le scénario et ses rebondissements, les acteurs d’une présence et d’une crédibilité rares , la fin, noire et digne des meilleurs films d’épouvante, parce qu’elle régénère la haine et la menace…

C’est le film espagnol de Jorge Sanchez-Cabezudo, "La nuit des tournesols".

A voir exclusivement en V.O. tellement la voix des comédiens participe du décor, de la musique, du drame. Tu n’imaginerais pas Raimu disant « tu me fends le cœur » en anglais…

Dans le décor extraordinaire de ce coin perdu des Pyrénées espagnoles, la totalité des habitants accueillent le spéléologue universitaire spécialiste des grottes préhistoriques, comme naguère on recevait le nouvel instituteur dans les campagnes ; ferveur de l’espoir que quelque chose change dans ce lieu clos, à l’écart et plutôt abandonné.

Le braconnier et le taiseux jouent une petite haine ordinaire dont on se demande s’ils ne sont pas complices. On espère la réconciliation joyeuse des deux paysans malins et rancuniers

Et puis l’horreur fait basculer le paysage de ce doux jour d’été dans le sang et la nuit. l’angoisse, le malaise, et l’enchaînement fatal. Quel déclic efface   toute raison, bon sens, humanité et produit la veulerie, le mensonge, la honte qui détruit les âmes.

Chacun des six tableaux complète le précédant, six regards qui nous enfoncent chaque fois plus dans la tragédie et révèlent la fragilité des êtres.

Jusqu’au deux images finales, la haine glacée qui s'installe, et la menace silencieuse bien tapie.

Je ne connais pas les comédiens, j’ai vu leurs noms sur le programme. Ils sont d’une justesse, d’une crédibilité incroyables. C’est là sûrement l’avantage de les découvrir: ils sont plus que les personnages, ils sont vrais. Quel choc !

Courrez y !
Jorge Sanchez-Cabezudo devrait donner des cours à notre vieux Chabrol.

"La femme coupée en deux" est un des films les plus factices et inutiles que j’ai vu. Il n’y a même pas de second degré pour pouvoir en sourire, tout est joué à plat, sur le même registre.
Outre que l’histoire est des plus ivraissemblables, elle affiche quelques images préfabriquées sur une bourgeoisie dépravée. Les personnages sont des caricatures de romans de gare d’il y a trente ans. Ah ! Rendez-nous Guy De Cars….

Là, où des comédiens comme Michel Bouquet ou Jean Yann créaient une atmosphère froide de cynisme, de perversité secrète ou de cruauté torturée, Berleand a un regard bovin de bout en bout, satisfait de lui, spectateur et metteur en scène de sa suffisance. Quelle épaisseur ? Quelle complexité ? aucune …il est absent.

Et Magimel dans le rôle du jeune fils d’industriel ! Il accumule tellement de clichés que la caméra en 24 images par seconde ne peut tout enregistrer. Il ressemble à ces personnages de roman photo des années soixante. Bien glacé. Qui a dit qu’il s’était fait une tête de James Dean ? Lui, il était vivant et génial.

Quant aux personnages féminins du film, tous plus prévisibles les uns que les autres, ils nous font regretter Stéphane Audran ou Isabelle Hupert qui installaient leur volonté, leur folie, leur fêlure, au fil des silences, des regards, des vibrations du corps. La, il n’y a eu qu 'agitation, déguisement du corps et un secret de famille qui fait pchitt. Inexistantes et sans âme. 

 A éviter. Même si j’aime tellement Chabrol.
par albumrj publié dans : ciné
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Jeudi 8 mars 2007
Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ....
Pour voir le film "Pyrénées-Cote Basque en 1925, il fallait apporter des chaises. Les remerciements adressés pour l'occasion à l'arrière grand père chaisier.

"Bijou" Labastide Villefranche
1er Octobre 1925
Monsieur et Madame
Combe St Macary ont été très touchés d'apprendre votre concours gracieux en procurant les sièges aux spectateurs du film "Pyrénées - Côte Basque". Votre organisation a été parfaite. Encore mille merci.
par albumrj publié dans : ciné
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Vendredi 24 novembre 2006
Cinéma de quartier
Noiret - le Labyrinthe de Pan

Ce matin j’apprends la mort de Philippe Noiret. Il est un de ceux que j’ai vu pour la première fois au TNP dans les années 62-64. J’ai chercher un petit quart d’heure si je ne retrouvais pas dans mon fouillis le programme de l’époque. Je pense que la pièce c’était « les Rustres » de Goldoni. Dans la troupe du TNP de l’époque (était-elle encore dirigée par Jean Villar ou déjà par Georges Wilson ?) il y avait des personnalités comme, Galabru, Darras, et bien sur Noiret.

Au cinéma le premier film dont tout le monde se rappelle, un vrai film culte joyeusement anarchisant, c’était « Alexandre le bienheureux » d’Yves Robert ; et là aussi d’autres grands noms, Carmet, Pierre Richard et une petite débutante, Marlène Jobert.

 

Nous avions vu la semaine dernière, Le labyrinthe de Pan, avec Sergi Lopez. C’est un film vraiment noir et d’une cruauté féroce. Bien sur au cœur de la guerre d’Espagne, entre les Républicains et les franquistes. Le décors sombre d’une ancienne minoterie au cœur d’une vallée abrite des soldats de Franco commandé par un Sergi Lopez glaçant. La terreur règne, la torture aussi, et la « résistance républicaine » combat comme elle peut. Au milieu de cet enfer, une petite fille, orpheline, n’a de salut que dans l’imaginaire des contes de fée. Le jardin de ce moulin mène à une sorte de labyrinthe avec une statue de Pan. Mais les contes sont cruels eux aussi et les épreuves imposées à l’enfant pour les y rejoindre ajoutent encore à l’angoisse.

 

C’est fort. Parfois je n’ai pas supporté. On pourrait penser à un « Guernica » vivant. L’horreur est crédible car elle est portée par un Sergi Lopez magistral. Heureusement que le film se referme sur le conte

par albumrj publié dans : ciné
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