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Photos RJ

Dimanche 27 janvier 2008
Le moulin de Soulenc

undefinedEst-ce que tu n’as jamais eu de fascination pour les moulins, ressenti une émotion à écouter le bruit continu de l’eau près de toi ? Il y a des années je rêvais d’un petit coin dans les Pyrénées. Comme ça, j’achète « Le particulier » et je tombe sur une annonce à Lys. Un moulin faisant gîte. Je me mets à gamberger. L’annonce précisait que le mécanisme de régulation d’eau fonctionnait. Des mois plus tard on prend des vacances dans la région et décide d’aller voir le site de l’annonce. C’était un mois de mars, il faisait froid, et j’ai eu un mal fou à comprendre la carte pour trouver le village. On descend une colline avec un petit chemin tout raide et des virages en dévers. Il y a encore de la neige. En haut, on voit le soleil. En bas il n'y a que le ciel bleu et froid de l’hiver; le soleil est caché par les montagnes. On descend encore et très à l’écart du village, le gîte est là, ou plutôt le moulin. Des gens vivent là et je ne vais pas aller frapper au carreau pour savoir si c’est toujours à vendre, mais je fais le tour. La maison enjambe le ruisseau, un peu au-dessus une énorme vanne. Le bruit de l’eau qui courre. Mais il y fait encore plus sombre qu’au cœur du village. Tu regardes la petite maison annexe où figure l’inscription « gîte », la petite courette pavée de dalles grossières, tu comprends que tu n’es pas fait pour vivre là. T’as besoin de trop de confort. Quand même tu repasses, tu refais le tour, tu parcourres le village, tu n’as même pas vu de boulanger. Bientôt cinq heures, il fait presque nuit. Tu repars, remontes les longs lacets et tu te rends compte qu’il te faut vingt minutes pour trouver la grande route, et combien pour la ville proche ?

 

Tu abandonnes ton rêve le cœur un peu serré. La vie tue le rêve…

 
Samedi matin,
 

A huit heures le brouillard est partout. Cinq degrés. Il ne pleut pas et c’est la seule chose qui compte. J’aurais voulu attendre le soleil, mais j’avais vraiment envie de revoir ce moulin où j’étais passé l’année dernière. Oh ! Pas le moulin de Lys ! Un autre où j’étais arrivé en me cognant dans tous les chemins en impasse. C’est l’avantage du VTT, tu peux aller partout ! Il n’y a que les chiens en liberté au bout de certaines fermes en cul de sac qui te font peur. Ton talon a déjà senti le bout des dents. L’année dernière, la pluie m’avait attrapé, et les photos n’étaient pas « pêchues ». Je mets le gros appareil dans le sac à dos, j’ajoute un maillot et bien au chaud, je démarre doucement. Je n’avais pas fait attention, mais le sac chargé et le pull en plus, je sens l’épaule dans la cote d’Arbouet. En même temps que je montais, le brouillard se levait. Quand j’arrive place de l’église, il fait beau soleil. J’enlève le pull et règle la bretelle. Trois photos. L’église n’est pas exceptionnelle mais elle est immense au milieu d’un village aussi petit. A deux cent mètres, la tranchée d’Arbouet. C’est le passage d’une ligne de train désaffectée. C’est un de mes lieux de rando VTT préférés. Tout ce travail pour faire passer le train, et aujourd’hui rien. La SNCF n’arrive même pas à vendre pour le franc symbolique la tranchée. Pas de tourisme possible. L’abandon ! Au grand dame des riverains qui doivent malgré tout défricher pour ne pas être envahis. Comme je fais des photos à chaque passage, des gens me parlent…

 

Le soleil nettoie à peine le brouillard. Mais l’air est transparent : Une lumière superbe. Je me relance. Moins de cinq kilomètres pour « mon moulin » ; J’avais regardé la carte, et je ne pensais pas me perdre encore, bon cinq minutes c’est rien ! Je me rappelais un passage boueux, ce n’était pas le bon. A l’entrée du bois, le voilà, avec sa grande allée et son petit pont. Et le bruit de l’eau. Il est un peu plus de onze heures, le soleil est parfait, il traverse le bois depuis la colline en face et éclaire le site comme je ne l’avais pas vu. Je pose le vélo, prend l’appareil et visite d’un bout à l’autre. Je n’ai vu personne. Les volets sont ouverts. Mais je ne rencontre personne, même pas un chien. C’est solitaire. Pendant la petite demi-heure où je reste là, seulement une voiture passera. J’avais laissé une ferme à un petit kilomètre et le village de Rivareyte est plus loin de l’autre coté du bois en allant vers Sauveterre. Il s’agit d’un vraiment gros moulin. Bien entretenu. L’eau brille sous le soleil, et elle a son chant si moqueur en cascadant du barrage vers les méandres du sous bois. Tu ne peux t’empêcher de la suivre. Ce long serpent sous les arbres c’est ta sirène. Le murmure obsédant de l’eau qui s’étire et se contorsionne pour te séduire dans le scintillement de la lumière hachée par les arbres nus. Assis sur le caillou tu sais que si tu fermes les yeux tu ne repartiras pas.

 

Tu remets ton casque, ton sac à dos, enlèves les feuilles colées sous tes chaussures et tu t’apprêtes à laisser là cette oasis du rêve. Un peu plus haut une dernière photo . Tu sais qu’elle ne rendra pas, mais tu ne peux t’arracher. Une petite cote et tu descends. C’est le pont sur le « Saison » à l’entrée de Rivareyte. Deux maisons traditionnelles l’encadrent.. Tu regardes ta montre et te dit qu’il va falloir rentrer. Tu retrouves la route de Navarrenx et te diriges vers Sauveterre. Tu y es déjà passé deux fois cette semaine, tu penses rentrer direct, sans y monter. Mais c’est mal connaître les sortilèges de la lumière. Au-dessus de ton casque tu vois la vieille église et les remparts briller. T’es pas à dix kilomètres près. Des photos du pont sur le gave. Des photos depuis le pont de la légende. Et là encore la fascination de l’eau. Cinq minutes sur le parapet. Quelle heure ? Ouf ! Téléphoner, dire qu’on va rentrer. Moins d’une heure et on est là.

 

undefinedCe coup ci pas de tergiversation, tu prends la nationale. C’est samedi, il est une heure, ce sera tranquille. Tu bloques les suspensions et tu te muscles les cuisses. Coup de pot, pas de vent de face comme trop souvent. T’appuies. De toute façon, tu ne sens rien, t’es dans ton rêve de moulin, tu n’entends pas les autos, juste le fil de l’eau. Tu flottes, t’es léger, fluide…

par albumrj publié dans : la piste de l'Ourcq
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Mercredi 19 décembre 2007
La piste de l’Ourcq.

Froid de canal – les marmites de Sautadet.
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Ce matin il faisait plutôt frisquet. Mais sans vélo depuis huit jours, je suis en manque. Deux polaires, le Kway, le passe montagne, et les chaussettes de rando un peu coincées dans les chaussures VTT. Top départ. Il n’est pas neuf heures et demi. Bon soleil, mais vieille bise d’est qui te découpe doucement. En plus, je ne vois quasiment rien. Le soleil est rasant et il est de face. Arrivé au bassin de la Villette où commence la piste de l’Ourcq, je m’arrête le temps de quelques photos. Non, ce n’est pas l’hiver de 89 où l’on se baladait sur le lac du bois de Boulogne. Il y a pourtant des petites nappes glacées où se serrent les mouettes.

 

Au bout d’une heure, le froid s’attaque aux épaules. J’ai déjà donné (18 mois de tendinite), nouvelle pose. Sortir un autre maillot et s’emmitoufler.

 

-         C’est nul, qu’est-ce qui t’oblige à te cailler comme ça ? reste au chaud mon gros bébé…

 

Quand tu as quitté les périphs, tu ne respires pas pareil. Au début tu t’économises. Pas se faire gazer par le scooter ou le bahut devant toi. Mais dès que tu n’as plus de bagnoles, tout d’un coup tu te sens de l’envie. Le regard change. Tu vois plus loin, plus large. Tu te détends et te laisses aller à respirer à fond. Bien sur la bise est là : le nez coule, les yeux pleurent, mais tes poumons crachent tous les miasmes accumulés. Tes yeux à courte vue sont comme des jumelles de marine, ils voient l’infini devant.

 

L’alerte c’est les orteils. Quand ils disent j’ai froid, c’est l’heure du retour. Et sans baragouiner, que t’es pas allé où tu voulais. S’il faut, un court massage pour les faire respirer. Et ensuite : à fond, à fond ! Crains rien, je ne te ferai pas la nique. A fond pour moi, c’est tranquille pour toi.

 

Mais tu vois, je n’ai jamais pris froid pendant une balade en vélo.

 

Quand j’arrive pour la douche, si jamais l’expression « avoir les cuisses roses » a un sens caché, pour moi, c’était du concret.

 

undefinedAlors en préparant mon petit sujet je me dis qu’on a besoin d’un rayon de soleil. Je t’ai mis un des sites, pour moi une découverte, vu lors de notre dernier séjour à saint Paulet du Caisson. Pas loin de l’Ardèche. J’ai ratissé la zone en vélo. Le coin est très beau, pour un vieux parigot. Sur que si je n’avais pas posé mon vélo, en entrant dans l’aire des cascades de Sautadet, je ne te raconterais rien aujourd’hui. C’est piégeur tu n’imagines pas. J’arrivais du village de St Michel d’Euzet, je roule sur un vieux pont de pierre, le Pont Charles Martel – me demande pas pourquoi – et je vois cet espace blanc, blanc presque éblouissant. Des gosses courent. J’ai mes grosses lunettes noires à filtrage maxi, et en quelques mètres, je mets ma suspension à rude épreuve, quant à mon équilibre, je ne te raconte pas ! J’abandonne la bécane, et fais mon tour à pied. Surprenant ce coin. Un vrai régal.

 

Juste à côté, un petit village, la Roque sur Cèze. Accroché à une belle colline. Je croyais avoir identifié un chemin qui ne m’obligerait pas à faire tout le tour, en suivant le flot des voitures. Perdu ! Deux trois aller-retours inutiles. De l’eau partout. Il n’y a qu’un passage.

 

Pas grave ! Je vais tranquillement à Goudargues, où il y a de somptueux bistrots sur les bords de la Cèze.



par albumrj publié dans : la piste de l'Ourcq
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Jeudi 29 novembre 2007
La piste de L'Ourcq
 Mon beau canal.


Photo-0182.jpgPour ceux qui me suivent avec l'envoi des photos par téléphone.
J'ai fait cette semaine deux petites ballades VTT le long du canal de l'Ourcq. J'ai envoyé deux photos par téléphone. une plein soleil, une plein de brumes.
Sur mon blog où mes photos arrivent ce message que j'essaye de décoder.



Salt!b1 moi gtro froi pr sortir!il é bi1to 12h é yatjr otan 2brum k 8h..b1 pass atontour sur myblog!en te souétan davance 1bonevizit!alé bsx é bonejourné atoi...

 

Photo-0185.jpgOn s’y est mi à deux mon cher « Lovkemar » pour traduire. Mon oreille n’est pas trop faite à cette phonétique, ni au rythme de la phrase.

J’essaye d’interpréter tes paroles, mais je n’ai pas la musique, et là vraiment ça manque :

           




          
              Salut !

Bien moi j’ai trop froid pour sortir !

Il est bientôt douze heures

Il y a toujours autant de brume qu’à huit heures

Bien passe à ton tour sur my blog !

En te souhaitant d’avance une bonne visite !

Aller, bsx et bonne journée à toi

Et bien merci, il y a des jours, on passe un peu de temps sur son blog, et on se demande pourquoi. Oserais-je dire, que c’est pour le plaisir de cette rencontre inattendue. Ce clin d’œil de passage. Quand j’aurais émis mon post, je revisiterai ton blog, te rendre les miams et plus.

 



Lobby bi, lobby bo, le canal qu’il est beau !
Mon beau canal ! Roi des ballades…
Car c’est mon canal.
Le canal de l’Ourcq, c’est à moi !
Je le revendique !

D’ailleurs depuis que je dis qu’il y en a marre des cailloux, des racines, et même récemment des « Roms », j’ai été entendu, écouté et mon lobbying sur ce blog a porté ses fruits !

Depuis deux ans, au gré de mes ballades, j’ai noté des changements. D’abord on a coupé les peupliers. Ouais! C’est nécessaire. T’imagine un peuplier qui bloque le canal au moment du passage d’une péniche ? Non il fallait le faire, c’est fait. C’est une décision courageuse. Mais elle était contenue dans le plan de réformes approuvé par tous les usagers du canal aux dernières élections. Leurs racines sournoises soulevaient le bord de la piste cyclable, et le cycliste impétueux rendu irascible par tous les enfants en tricycle qui faisaient baisser sa moyenne, sursautait sur les bosses, au grand danger de ses bijoux précieux.

Et les « Roms ». Il n’y a plus de traces. Je ne sais pas quand « ils sont partis », mais ils n’ont rien laissé. Tout est bien propre, les cabanes improvisées ont disparu, le sol est comme une tête passée à la tondeuse. Vraiment bien nettoyé. Quand on sait ce qu’il faut comme gravats pour faire un abri, avoir tout rangé comme ça avant de partir, bien, chapeau. C’est comme les lessives que je voyais sécher sur les grilles : ramassées, rangées. Même sur le parking décathlon, c’est vide. Je comprends qu’ils soient partis. Entre le bruit des camions sur l’autoroute où ils dormaient et celui des trains sur le pont en fer, l’endroit ne devait pas être propice au sommeil des enfants.

Mais je ne rallais pas que pour ça. Les berges n’étaient pas sures. J’ai roulé dans la boue ! Tu n’y crois pas ? Si, en plein vingt-et-unième siècle, les berges du canal ressemblaient à ce qu’elles avaient pu être du temps des bateliers et des chevaux de traits. Quand on sait le prix des nikes, marcher dans la boue est insupportable. Ils s’y sont mis. Tu verras les photos, pendant des mois, ils ont renforcé les berges avec des tôles enfoncées au marteau pilon. Et ils ont fait de belles allées sablonneuses qui doublent la piste cyclable. Laquelle a été refaite façon billard, au point que je me demande à quoi va bien servir mon VTT. ?

Là, quand même il fallait réagir. Ce n'est pas parce que le canal traverse des banlieues comme Pantin, Bondy, Bobigny, Aulnay qu’il faut laisser le boulot bâclé. On veut nos « champs-é », notre « grand canal façon grand siècle » ! C’est la que le lobby bi fait du lobby beau. A force de ne rien dire, de se contenter de penser à chaque passage que « ben dis donc ça change ! Faudra qu’on amène les petits avec mamie ! » Et bien ils ont entendu. Ils ont fait livrer des pierres blanches modèle « petit poucet » - mais pour mettre dans la poche de l’ogre- et ils ont dessiné les bords de ces gros cailloux lumineux. Ca jette !

 

Quoique…Les tôles de renfort ressortaient comme des chicons noirs au milieu de canines de roche blanche. Je ne sais si la Sécu a pris en charge la prothèse, mais une armée de chirurgien- dentistes a été immergé pour traiter les caries à grands coups de chalumeau. Un décor de dessin animé.

 

Restait à ravaler les berges de ce visage paysage refait. En cours. Depuis un mois tous les trois mètres, un nouvel arbre est planté d’espèces toutes différentes.

 

Combien sont-ils à travailler sur ces berges depuis deux ans ? Trente, quarante ? Combien d’engins, de camions, de barges, de tonnes d’acier, de tonnes de pierres? Tout ça pour moi ! Parce que je ne peux pas me promener dans un décor du passé, et que j’ai exigé des arbres fleuris, des pierres blanches, une route lisse ! Tu comprends pourquoi les « Roms » sont partis. Ils ne pouvaient pas imaginer. Pourquoi avais-je besoin de tout ça pour une heure de vélo ? Eux, pour dormir, ne demandaient rien…

par albumrj publié dans : la piste de l'Ourcq
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Jeudi 25 octobre 2007
Les entrepôts du Canal de l’Ourcq.
Le dernier wagon pour Bondy.

-         Vous êtes acheteur ?

 

Je ne comprends pas ce que j’entends. Je suis monté sur la dalle en béton de ce qui reste d’un entrepôt de bois détruit par la tempête de 1999. Je suis en train d’enregistrer les images des différentes époques industrielles qui se croisent là. C’est un passage obligé sur la piste de l’Ourcq. Les démolitions reconstructions vont si vite que je voulais garder la trace de ce coin où j’avais vu sur plus de cinq ans se construire le Technicentre pour la réparation des TGV.

14-entrepots-DSC00485.jpg

 

Ce 6 septembre, la rentrée scolaire avait eu lieu. C’était une fin d’après-midi. Le temps était à l’alternance de moments lumineux, pas vraiment ensoleillé, et de grisaille provoquée par de gros cumulus noirs. Deux fois je prendrai la pluie. Quand je descends les escaliers du parc de la Villette, après le toboggan en forme de dragon, il y a le manège que je t’ai déjà montré. Ce qui frappe c’est le calme. Pas de cris. Pas de rires. J’arrive à la grande pelouse ornementée de cette bicyclette endormie dont je te montre la roue. Personne ou si peu. Tout cet été, parfois dès neuf heures le matin, elle était pleine de monde. Des familles autour des glacières, des allongées. Vers 13 h les grandes parties de bronzettes. Des gosses avec des ballons partout. Le dimanche matin c’est les costauds qui sont là. Des matches de foot sérieux, des grands sacs figurent les buts, ça shoote, ça crie des consignes dans tous les sens, ça s’engueule, un vrai bonheur.

 

La rentée avait fait le vide. C’était au tour de l’herbe de se reposer.

 

Le matin j’étais passé à vélo. Il y avait un mur bleu que je voulais filmer. Je l’avais vu plusieurs fois, j’avais, à la va-vite fait quelques photos. Il me rappelait les formes de la première tapisserie de la chambre des enfants. Et surtout, c’était un mur « réservé » aux tags et graffitis agressifs. Et là un motif simple avec des bulles bleues, des signatures qui ornent les formes. Quand j’arriverai à « mon mur », il y aura un petit crachin, et je me promettrai d’y revenir. Las, huit jours après il aura déjà été surchargé de couleurs criardes. Je n’aurai jamais la lumière que je cherchais.

 

Je voulais aussi photographier le vieil entrepôt. Sur le chemin les chantiers avancent vite, des photos témoignent des bâtiments détruits, usines, hangars, maisons plus ou moins abandonnées. Donc à un moment je me juche sur cette dalle et j’entends à nouveau, alors que je suis concentré sur mon viseur :

 

-         Vous êtes acheteurs ?

 

-      Non ! Je suis retraité et je capte ces images avant que tout ça disparaisse.

 

-         Si vous êtes acheteur, il faut voir la chambre du commerce !

 

Deux hommes au-dessous de moi à quelques mètres. L’un en combinaison bleue façon « mécano », plutôt jeune. C’est lui qui m’interpelle. L’autre petit, une casquette à rabat sur la tête, blouson de peau marron, col fourré bien relevé, surveille un petit chien.

 

-         Non vraiment je ne fais que de la vidéo ou des photos.

 

-         Si ça vous intéresse, j’ai la maquette !

 

-        

 

-         Venez !

 

Nous voilà partis tous les trois, suivi par le chien. Il ouvre la porte d’un entrepôt vide. Au moins 15 m de haut. Des rangées d’étagères métalliques vides, des grands cubes d’environ 2*2 mètres. Il fait sombre. Seulement un éclairage de secours. On entre dans une pièce qui avait du être un  bureau, petite fenêtre, armoires électriques Des gravats de tous ordres, enseignes, panneaux. Dans un coin une grande planche indéfinissable, un tableau sans couleur dont je ne vois pas ce qu’il représente. Il l’attrape, le redresse me le pose vers la fenêtre. Puis il ouvre la porte-rideau de fer donnant un vrai éclairage à ce qu’il présente comme le plan de tous les entrepôts bordant le canal. Il les explique; tellement l’image est délavée, il se trompe un peu…

 

On parle de tout ce qui travaillait sur la zone il y a trente ans. Il connaît le nom des entreprises. Le gros bâtiment rouillé en face a servi plusieurs fois pour tourner des films. C’est vrai qu’il a de l’allure ! Et lui il est le dernier. Le gardien de ces espaces abandonnées en attente d’un repreneur.

 

-         Le technicentre ?

 

Il l’a visité. Il a vu comment une rame complète de TGV était soulevée, et les bogies démontés par des automates. Il se rappelle : j’étais là quand on a commencé à fermer les voies de chemin de fer qui desservaient toute la zone. J’aime même poussé le dernier wagon vers Bondy.

 

En prenant mes photos j’ai rencontré les ferrailleurs occupés à couper les rails au chalumeau. Il n’y aura bientôt qu’un grand espace de loisir le long de la piste de l’Ourcq.

 




par albumrj publié dans : la piste de l'Ourcq
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Vendredi 15 juin 2007
J’aime mon Ghetto (6)
 
Sculptures couleur
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Alberto m’a adressé une invitation pour les journées portes ouvertes à « la Vache Bleue ». On est toujours inquiet, les sujets ne l’ont-ils pas déçu ou fâché. En tout cas bon accueil. Il nous montre tout son travail, son dernier tableau sur « Beaubourg » et des œuvres plus anciennes.

A la Vache Bleue, vers 14h30 on se prépare à se mettre à table. Toutes les voûtes sont ouvertes, il y a une odeur de ragoût qui s’insinue partout, la cuisine chauffe ! Les artistes sont plus ou moins attablés, gentiment ils te donnent le programme, il vaut mieux revenir dimanche pour la poésie…

Par raccroc, nous rencontrons Sibylle qui nous fait découvrir son métier de sculpteur. Essentiellement le bois, mais aussi des bronzes réalisés à partir de cire, et des plâtres à partir de papier journal.

Je ne vais pas te faire un discours sur l’art, elle en parle mieux que quiconque. J’ai extrait de ma vidéo quelques photos de statues que j’ai isolées pour qu’on les apprécie mieux. Je veux dire pour mettre en relief  les formes, qu'on sente la matière, suggérer une lumière qui les valorise.

A la sortie, j’ai aussi photographié tout ce qui est en plein air depuis longtemps, et qui n’est pas vraiment visible de l’autre coté de la haie. Des corbeaux (ou autres oiseaux) en ferronnerie peinte. Moi, ces compositions, ces formes, ce travail m’ont fait penser à ce qui est exposé au musée d’Orsay. L'art premier!

C’est pour ça que j’ai un peu joué avec la couleur. Que j’ai un peu gommé le contexte des voûtes, très prégnant. Pour donner à voir ces sculptures en couleur autant qu'en relief.

Petite vidéo sur notre rencontre avec Sibylle:

 


précédant: la Femme au Chien
Premier: les barreaux verts

par albumrj publié dans : la piste de l'Ourcq
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